L’investissement responsable ne cesse de progresser en Suisse

mardi, 17.01.2017

Swiss Sustainable Finance en présentation hier à Lausanne avec table ronde pour faire le point sur la durabilité.

Cerise Drompt

Basé à Zurich et à Genève, Swiss Sustainable Finance (SSF) a mis sur pied hier une présentation à Lausanne à l’occasion de la sortie de son Guide de l’investissement durable (déjà présenté à Zurich, l’Agefi du 29 novembre). Objectif: promouvoir les investissements correspondant à un mode de gestion socialement responsable, répondant aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Eléments extra-financiers permettant de mesurer l’exercice de la responsabilité des entreprises et de leurs parties prenantes, salariés ou clients, vis-à-vis de l’environnement.

Il a été relevé que la part d’investissements durables avait gagné de l’importance en Suisse parmi les caisses de pensions publiques, les fondations d’utilité publiques et les assurances (voir graphe). Nette augmentation en plus de fonds publics dédiés à ce type d’investissement. Le manque d’études à ce sujet en Suisse et l’absence de définition consensuelle de l’investissement durable ont motivé la réalisation d’un tel guide.  «Les derniers grands événements tels que la Cop 21 à Marrakech montrent que l’économie s’est déjà emparée de thématiques éthiques», a indiqué Jean-Rémy Roulet, président de l’Association suisse des institutions de prévoyance à Zurich (Asip).

 Une table ronde a ensuite réuni Anne Gloor, créatrice et directrice de la fondation PeaceNexus à Prangins, Pascale Pfeiffer, responsable du département durabilité du groupe Mobilière à Berne, ainsi que Jean-Rémy Roulet. Avec mise en évidence des intérêts que les investissements durables représentent pour la diversification des fonds de placement. D’autres arguments ont également été relevés, telle que la nécessité d’anticiper les contraintes réglementaires pour éviter une «mindérisation» (référence à l’initiative populaire Minder adoptée en 2013).  Des mesures peuvent déjà être mises en place par Berne. Les cantons ainsi que certains politiciens mettent d’ailleurs la pression.  Pour Anne Gloor, le secteur financier doit créer des offres d’investissements durables pour faire suivre la demande. Même des compagnies d’assurance comme la Mobilière ont intégré les critères ESG dans leur gestion. Des pressions légales et de la part de la clientèle continuent de mettre au premier plan l’évaluation du risque et du rendement.

Aucun investissement durable ne peut être préféré en raison de son éthique environnementale, selon la Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle. Cette priorité du rendement ne devrait pourtant pas être un frein aux investissements durables. Anne Gloor a affirmé que les fondations pratiquant des investissements socialement responsables se plaçaient au-dessus du benchmark avant que Trump soit élu.  Pascale Pfeiffer a ajouté qu’une transparence liée à un standard qui permettrait de comparer les investissements des entreprises serait un facteur d’accélération. Ces types d’investissements étant tout aussi performant. Il a quand-même été remarqué au moment des questions que les analyses d’investissements de type ESGs pouvaient s’avérer coûteuses, ce qui est aussi un problème.n





 

AGEFI



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