Horyou veut lever 15 millions et obtenir sa cotation en 2019

jeudi, 10.03.2016

Le réseau social genevois et international marque une nouvelle étape dans son développement. Précisions avec le CEO Yonathan Parienti.

Marjorie Théry

Le fondateur et CEO de Horyou, Yonathan Parienti, est issu du secteur bancaire. (Photo: Horyou)

A première vue, le réseau social Horyou, basé à Genève, ne semble pas le candidat idéal pour un going public. Ni même pour des levées de fonds de plusieurs millions de dollars. La stratégie financière est pourtant parfaitement claire pour son fondateur et CEO, Yonathan Parienti, issu lui même du secteur bancaire.

Levée de fonds de 15 millions à l’été 2016. Créée en 2012, l’entreprise a réalisé avec une régularité de métronome trois levées de fonds avec succès, à différentes étapes clés de son développement. Pour un total  de 11 millions de dollars. Cette année, et même avant la fin de l’été, Horyou compte lever 15 millions de dollars. Essentiellement à travers des investisseurs privés et des family offices. Les premières discussions semblent s’orienter vers une finalisation de cette opération à la fin du mois de juin.  

Modèle d’affaires évolutif et amorce vers le venture capital. Le modèle d’affaires d’Horyou est bicéphale et évolutif: deux entités sont chapeautées par l’entreprise Horyou SA à Genève. Une partie orientée business (Horyou holding sa), qui chapeaute la partie médias, internet, événementiel et documentaires, les différents bureaux dans le monde et tout ce qui permet le développement financier de l’entreprise. Puis il y a la fondation Horyou, de droit suisse également, et reconnue d’utilité publique. Elle prolonge les activités regroupant la mission essentielle d’Horyou: mettre en relation des porteurs de projets (artistiques, sociaux etc) avec des philanthropes, des fonds de dotation ou des fondations d’entreprise par exemple. Et développer tout un réseau autour de ces thèmes.

Nouveauté dans ce panorama: l’entreprise va lancer Horyou Ventures, un fonds de capital risque dont la stratégie sera d’investir dans des entreprises en early stage qui visent un impact social ou environnemental, dans une logique d’impact investing. La mise de départ, évaluée autour d’un million de dollars, sera financée par le quatrième tour de table en cours, puis ouvert aux investisseurs. Pour Yonathan Parienti, le capital risque est complémentaire à leurs activités «social good» et philanthropiques, autant pour les investisseurs, que pour les porteurs de projets d’impact.

Entrée en bourse sur trois places de cotation. A l’horizon fin 2018/début 2019, l’entreprise vise aussi une entrée en bourse sur au moins trois places différentes: en Asie, aux Etats-Unis et au Moyen Orient. A priori avec un flottant de 20% au départ, pour garder le contrôle de l’entreprise. Pour Yonathan Parienti, le concept d’IPO n’est pas du tout incompatible avec des objectifs d’impact social. Au contraire, il s’agit d’avoir accès à davantage de fonds pour l’investir dans des domaines liés à l’entreprenariat social, l’environnement etc. Et démocratiser l’accès au capital pour des personnes qui voudraient investir dans Horyou. Pourquoi ces trois places boursières en particulier? Car le réseau est très présent dans ces zones et/ou souhaite s’y développer. On imagine aussi que ces choix sont liés à la localisation de leurs propres investisseurs.  

La Suisse n’est même pas envisagée comme place de cotation. Il faut dire que le marché n’est pas très dynamique. En revanche, le CEO ne ferme pas la porte à une possible cotation sur le marché de Londres, qui est très international et s’ouvre aussi aux concepts de sustainable stock exchange par exemple. Ancien banquier chez JP Morgan ou encore Bank of China, le CEO a déjà une idée précise des banques avec lesquelles il souhaiterait travailler pour cet IPO. La base de valorisation de l’entreprise lors de la dernière levée de fonds était de 125 millions de dollars. Pour celle en cours il espère qu’elle se rapproche de 250 millions de dollars, puis pour l’IPO pourquoi pas entre 4 et 6 milliards.

Du réseau online au réseau physique. Horyou a déjà des bureaux à Genève, qui est aussi le siège, et New York, avec au total 35 collaborateurs, sans compter les partenaires pro bono. Vu le succès du réseau en Chine, Horyou compte y ouvrir un bureau cette année, et y organiser une conférence au second semestre. Un bureau verra aussi le jour au Moyen Orient, peut être à Dubaï. Enfin, deux bureaux devraient être ouverts en Afrique, l’un dans la partie francophone et l’autre dans l’espace anglophone. Parti d’un réseau online, la puissance d’internet reste au cœur de la stratégie d’Horyou, mais l’idée a toujours été d’être plus présent physiquement pour multiplier les interactions et l’impact de leurs actions.n





 

AGEFI



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