Un laboratoire virtuel réunit les meilleurs spécialistes des neurosciences

mardi, 19.09.2017

Pour comprendre comment le cerveau parvient à faire des choix, 21 laboratoires internationaux se regroupent au sein du projet International Brain Lab.

A la clé de l'étude, comprendre jusqu’au niveau cellulaire la façon dont le cerveau fait des choix en étudiant l’activité de ses différentes zones.(Nevit by CC Commons)

C’est une première dans le domaine des neurosciences: à travers le projet International Brain Lab (IBL), des chercheurs du monde entier, dont une équipe de l’Université de Genève (UNIGE), vont travailler sur un objectif commun, en suivant une méthodologie et avec des outils rigoureusement identiques.

A la clé, comprendre jusqu’au niveau cellulaire la façon dont le cerveau fait des choix en étudiant l’activité de ses différentes zones et leurs interactions.

Les laboratoires participant au projet IBL vont fédérer leurs compétences et travailler sur la même tâche, en partageant les mêmes outils d’enregistrement et les mêmes méthodes d’analyse. Cela permettra un échange quotidien des données sur la plateforme d’IBL.

C’est une approche nouvelle pour les neurosciences, un domaine où il est difficile d’intégrer tous les résultats dans un cadre théorique commun, du fait de la diversité des outils et des méthodes d’analyse des données.

Concrètement, tous les laboratoires participant au projet IBL vont mesurer l’activité neuronale chez la souris confrontée à une prise de décision très simple, afin de comprendre le fonctionnement du cerveau lorsqu’il opère un choix. Un stimulus visuel, –une bande noire sur fond blanc–, apparaitra sur un écran à gauche ou à droite de l’animal.

Ce dernier devra alors tourner un petit volant en Lego pour ramener la bande noire au centre de l’écran. « Il devra donc décider si le stimulus est à droite ou à gauche, et nous informera de sa décision en actionnant le volant », poursuit Alexandre Pouget.

Les chercheurs d’IBL enregistreront simultanément l’activité de plusieurs centaines de neurones, effectuant des mesures au niveau cellulaire dans toutes les zones du cerveau; au total, ils suivront l’activité de 5’000 à 10’000 neurones sur des animaux qui effectueront exactement la même tâche.

Les laboratoires centrés sur la théorie vont développer des modèles à grande échelle de la prise de décision et mettre à disposition des chercheurs de nouveaux outils informatiques permettant la collecte et le traitement des données de façon standardisée.

Le cadre théorique sera ainsi posé pour l’interprétation des données dès qu’elles seront disponibles. Les chercheurs d’IBL espèrent ainsi élaborer une théorie relativement complète de la prise de décision simple, expliquant comment chaque partie du cerveau contribue à la tâche.

Le projet est cofinancé à hauteur d’environ 14 millions de francs par la Simons Foundation aux Etats-Unis et le Wellcome Trust en Grande-Bretagne.

 

 

 


 
 

 



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