L'OMS va lancer une investigation indépendante

lundi, 18.05.2020

L'OMS cède aux Etats et annonce une enquête indépendante sur son action face à la pandémie.

Face à ce "dangereux ennemi", "le risque reste élevé", a déclaré le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus. (Keystone)

L'OMS n'échappera pas à des investigations indépendantes. Avant même un compromis qui se dégageait entre Etats, elle a annoncé lundi à Genève une évaluation "au moment approprié". Mais elle a aussi reçu de nombreux soutiens face aux attaques de Donald Trump.

Au premier jour de l'Assemblée mondiale de la santé, pour la première fois à distance, tout a été fait pour désamorcer les tensions entre les Etats-Unis et la Chine autour de cette crise. Pour se consacrer aux efforts contre le coronavirus qui a affecté des millions de personnes dans le monde et fait plus de 300'000 décès. Face à ce "dangereux ennemi", "le risque reste élevé", a dit le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Première division écartée, Taïwan a annoncé avant même le début de la réunion ne pas avoir reçu d'invitation à assister comme observatrice à la réunion des 194 membres de l'institution, raccourcie sur deux jours. Une dizaine de pays avaient pourtant appelé le directeur général à associer l'île, saluée pour sa réponse efficace à la pandémie.

Cette question sera examinée plus tard cette année, ont annoncé les autorités taïwanaises. De quoi rassurer la Chine. Mais il restait encore les divergences principales, l'accusation américaine selon laquelle Pékin aurait caché des données au début de la crise.

Le chef de l'Etat chinois Xi Jinping a répété que son pays avait "toujours" partagé ses indications sur la pandémie. Washington et certains pays souhaitaient des investigations en Chine, mais Pékin est favorable à une évaluation mondiale, pas seulement centrée sur elle, après la crise.

Soutenue par Sommaruga

Un compromis semblait se dégager parmi les membres pour une "évaluation entière et indépendante", "dès que possible", selon un projet de résolution à l'Assemblée mondiale. Mais celle-ci devait porter sur l'action de l'OMS et le fonctionnement du Règlement sanitaire international et de ses comités, dont l'un a été mis en cause il y a quelques mois.

Le directeur général aura entendu les appels de plusieurs dirigeants lundi, notamment celui à un "examen critique" lancé par la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga. Il a annoncé lui-même des investigations, avant même un vote. Mais il souhaite que la procédure permette d'améliorer "les réponses nationales et internationale", pas seulement l'action de l'OMS, et met en garde.

Ciblée sur Ebola il y a quelques années, l'organisation avait lancé une réforme pour être mieux dotée face aux situations d'urgence comme les épidémies. "Le monde n'a pas besoin d'un nouveau plan, d'un nouveau système, d'un nouveau mécanisme, d'un nouveau comité ou d'une nouvelle organisation", a insisté M. Tedros. "Il doit renforcer, appliquer et financer les systèmes et les organisations qu'il a".

Malgré cette contrainte, l'OMS aura reçu de nombreux soutiens des dirigeants, en désaccord avec la décision de M. Trump de suspendre pour deux mois la contribution financière de son pays à l'organisation. De la présidente de la Confédération à M. Xi et au président français Emmanuel Macron en passant par la chancelière allemande Angela Merkel.

La "crise actuelle montre à quel point il est important de disposer d'une organisation aussi forte", a affirmé Mme Sommaruga. "Nous n'avons pas le droit de nous diviser", a renchéri M. Macron qui partage cette analyse du besoin d'une institution comme l'OMS. Celle-ci est "légitime" face à la pandémie, a encore dit Mme Merkel.

Offensive par Pékin

Même le secrétaire général de l'ONU n'a pas épargné ceux qui ne suivent pas les recommandations de l'OMS. Antonio Guterres a relevé que les politiques divergentes des Etats ont fait payer "le prix fort" aux populations.

Autre inquiétude au centre de l'Assemblée mondiale de la santé jusqu'à mardi, celle de l'accès à un futur vaccin. Depuis un mois, de nombreux appels à garantir une distribution équitable et peu coûteuse ont été lancés. Certains accusent les Etats-Unis de vouloir sécuriser des doses à l'avenir pour leurs propres citoyens.

Offensive, la Chine a cherché à nouveau à profiter du désengagement américain et son président a annoncé une aide de deux milliards de dollars aux pays les plus affectés par le Covid. Et qu'un futur vaccin chinois serait considéré comme un "bien commun mondial".

M. Xi veut encore des réserves mondiales de matériel face aux futures épidémies. Il faut "une communauté de santé pour l'humanité", a-t-il ajouté. Un souhait partagé par la Suisse qui a annoncé travailler à une coalition pour la sécurité sanitaire pour tous, dotée d'Etats de chaque région. (awp)

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