COP24: les négociations à Katowice se poursuivent

samedi, 15.12.2018

Les délégués de la COP24 poursuivront leurs travaux ce samedi pour tenter de parvenir à la signature d'un texte explicitant la mise en œuvre de l'accord conclu en France.

La conférence a notamment été marquée par une controverse imprévue sur le rapport du GIEC et par le retour des divisions entre Nord et Sud. (Keystone)

Les délégués de la conférence de l'ONU sur le climat (COP24) n'étaient pas parvenus à s'entendre sur l'application de l'accord de Paris contre le réchauffement climatique vendredi soir, au moment de la clôture officielle. Les négociations vont se poursuivre samedi.

La présidence polonaise a fait savoir qu'elle avait l'intention de diffuser des brouillons de décisions samedi après 5 heures, avant la tenue de séances plénières dès 10 heures. La conclusion de la conférence, après deux semaines crispées par un contexte géopolitique défavorable et marquées par une controverse imprévue sur le rapport du GIEC et par le retour des divisions entre Nord et Sud, n'est donc pas attendue avant midi.

La COP24 doit aboutir à la signature d'un texte explicitant la mise en oeuvre de l'accord conclu en France, il y a trois ans, avec l'ambition de maintenir le réchauffement climatique mondial "bien en dessous" de deux degrés Celsius par rapport à l'ère préindustrielle.

Les implications du "mode d'emploi" de l'accord de Paris ne sont pas anecdotiques. En vertu de celui-ci, les engagements des pays pour réduire les gaz à effet de serre sont volontaires. Mais leur suivi doit être multilatéral, avec des règles de transparence, comme autant de "poutres" garantissant la solidité de l'édifice.

Financement des politiques climatiques

À Katowice, cette discussion sur la manière dont les États devront rendre compte de leurs actions a notamment été l'affaire des États-Unis et de la Chine. Le premier a poussé, avec d'autres pays riches, pour des règles de suivi strict, et le second pour la flexibilité accordée aux pays en développement.

"Il est remarquable que les Etats-Unis continuent à diluer les négociations d'un accord dont ils veulent sortir", a dénoncé Mohamed Adow, de l'ONG Christian Aid's International.

La question des financements des politiques climatiques est l'autre préoccupation des pays pauvres, notamment la manière dont va s'organiser la montée des fonds promis par le Nord à partir de 2025. "Nous faisons pression sur le Nord pour qu'il paie le prix", a insisté le ministre de l'environnement du Costa Rica.

Washington tente de diluer la "différenciation" entre pays développés et en développement, un principe fondateur des négociations sur le climat, explique un observateur vétéran de ces tractations. L'idée est pour les Américains, pollueurs historiques, de ne plus baser les engagements des pays sur leurs émissions passées mais leurs émissions actuelles.

Mais le mode d'emploi n'est pas le seul objet de controverses. Les délégués doivent encore régler un hic survenu autour de la mention du dernier rapport du groupe des experts de l'ONU (GIEC) dans la décision finale. Arabie Saoudite, Russie, Etats-Unis, refusent le terme "accueille favorablement", que les petites îles en particulier réclament absolument.

Les promesses nationales présentées en 2015 conduisent à un monde à plus trois degrés. Le GIEC a dressé un sombre tableau des impacts déjà en cours, à plus un degré aujourd'hui, et montré l'ampleur de ceux à venir à +1,5 degré: phénomènes météorologiques extrêmes, étés sans banquise arctique ou chute de la productivité agricole.(ats)





 
 
 
 

AGEFI

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