Un forage au large de Chypre préoccupe l'UE

dimanche, 05.05.2019

La Turquie souhaite exploiter un gisement de gaz "la zone économique exclusive de Chypre".

La découverte ces dernières années de gigantesques gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé les appétits des pays de la région. (Keystone)

La cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini s'est dit "gravement" préoccupée samedi par l'intention annoncée par la Turquie de mener des activités de forage de gaz dans "la zone économique exclusive de Chypre".

"En mars 2018, le Conseil européen a fermement condamné la poursuite des actions illégales de la Turquie en Méditerranée orientale", a-t-elle rappelé, dans un communiqué.

"Dans ce contexte, nous appelons instamment la Turquie à faire preuve de retenue, à respecter les droits souverains de Chypre et à s'abstenir de toute action illégale à laquelle l'Union européenne répondra de manière appropriée et en pleine solidarité avec Chypre", a-t-elle ajouté.

Dans un message publié vendredi sur le service international de message maritime NAVTEX, les autorités turques ont annoncé leur intention de mener des opérations de forage de gaz jusqu'en septembre dans une portion de la mer Méditerranée qui, selon des médias chypriotes, déborde sur la zone économique exclusive de Chypre.

D'après la marine turque, ces opérations seront menées par le navire de forage Fatih ("Le Conquérant", en turc).

"Cette provocation de la Turquie constitue une violation flagrante des droits souverains de la République de Chypre", a écrit le ministère des Affaires étrangères chypriote dans un communiqué.

La République de Chypre, membre de l'Union européenne, n'exerce son autorité que sur les deux tiers sud de l'île. La partie nord est occupée par la Turquie depuis 1974, quand Ankara est intervenue militairement en réaction à une tentative de coup d'Etat menée par des Chypriotes-grecs voulant unir l'île à la Grèce contre la volonté des Chypriotes-turcs.

La Turquie a "rejeté" les critiques de Mme Mogherini, affirmant que ses activités liées aux hydrocarbures en Méditerranée orientale étaient "basées sur des droits légitimes".

"C'est l'administration chypriote-grecque qui n'a pas renoncé à mettre en danger la stabilité et la sécurité de la Méditerranée orientale en ne tenant pas compte des droits des Chypriotes-turcs", a estimé le ministère turc des Affaires étrangères.

La découverte ces dernières années de gigantesques gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé les appétits des pays de la région.

La République de Chypre a signé des contrats d'exploration avec des géants des hydrocarbures comme l'italien Eni, le français Total ou l'américain ExxonMobil.

Mais Ankara s'oppose à toute exploration et exploitation de ces ressources gazières qui exclurait l'autoproclamée République turque de Chypre du Nord, non reconnue par la communauté internationale.

L'Egypte inquiète

Samedi, l'Egypte qui a signé en 2018 un accord gazier avec Chypre incluant la construction d'un pipeline sous-marin, a dit suivre avec "inquiétude les développements suivant les intentions annoncées de la Turquie de commencer des activités de forage dans une zone maritime à l'ouest de Chypre".

Le Caire a mis en garde contre "les répercussions de mesures unilatérales sur la sécurité et la stabilité de la Méditerranée orientale". (awp)





 
 
 
 

AGEFI

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