La reprise entraîne des coûts importants pour les coiffeurs et les barbiers

vendredi, 24.04.2020

SONDAGE. Comment les coiffeurs et barbiers de Suisse envisagent la reprise de leur activité? L’Agefi a lancé un sondage. Les mesures de sécurité recommandées par CoiffureSuisse entraînent des coûts importants pour nos répondants. Et ce n’est pas leur seule inquiétude. Découvrez leurs témoignages.

Marine Humbert

Les mesures occasionnent un coût supplémentaire d’au minimum 6 francs par client, estime Cristina Le Jeune, directrice de la chaîne genevoise Dandy’s Barber Lounge. (@Galardi Media Network).

Les coiffeurs et barbiers de Suisse reprennent leur activité ce lundi, sur autorisation du Conseil fédéral. Une reprise au goût particulier puisqu’elle s’accompagne de mesures de protection face au coronavirus qui sévit toujours dans le pays.

Faut-il encore connaître ces mesures dans le détail.

A quelques jours de la réouverture, les professionnels commençaient à s’inquiéter face à une absence de directives claires. Durant sa dernière conférence de presse, le Conseil fédéral soulignait que c’était aux branches elles-mêmes d’élaborer des plans de protection. Sur les ondes de la RTS, Damien Ojetti, président central de CoiffureSuisse, expliquait alors, quelque peu amer, qu’un plan d’action avait déjà été communiqué il y a plus de deux semaines aux autorités, sans retour de leur part, et soulignait un flou général.

Finalement, la faîtière a délivré en un temps record un concept de sécurité en ligne, orientant les coiffeurs pour la reprise. Parmi les recommandations, le port du masque pour le client et le professionnel, une visière en plexiglas lors du traitement du visage, la désinfection de la zone et du matériel entre chaque client, une distance de deux mètres entre les individus, des capes de protection jetable ou lavable. CoiffureSuisse recommande aussi de privilégier le paiement par carte de crédit et de converser avec le client via le miroir pour éviter le face-à-face.

Tarifs en hausse

Les répondants au sondage de l'Agefi ont exprimé leur soulagement face à cette nouvelle feuille de route. Deux salons seulement ont prévu d’imposer une augmentation de tarifs, sous forme de forfait Covid-19, qu’ils justifient par la mise à disposition des masques pour les clients.

CoiffureSuisse a également souligné que les salons ont la responsabilité du choix des clients à servir. Un point soulevant l’inquiétude des professionnels de la branche, certains répondants mentionnant que la majorité de leur clientèle a plus de 60 ans, soit des personnes pouvant être considérées à risque.

A Genève, la chaîne de barbiers Dandy’s Barber Lounge reprendra lundi son activité avec la moitié de son personnel seulement, pour pouvoir respecter une distance sociale de deux mètres. Sa fondatrice, et directrice générale Cristina Le Jeune dit vouloir faire primer la sécurité de ses collaborateurs et clients sur son chiffre d’affaires, qui a déjà diminué de 35% depuis le début de la crise sanitaire. Ses employés sont également au chômage partiel.

La cheffe d’entreprise a renforcé ses protocoles internes et clients dans ses deux salons genevois. Ils comprennent des panneaux stop à l'entrée des arcades, la distribution de gel désinfectant, des masques, et une prise de température pour ceux qui le désirent. Cristina Le Jeune a également mis en place des salles d’attentes supplémentaires afin de pouvoir isoler la clientèle avant leur prise en charge. Des mesures qui ont un coût. «Respecter l’hygiène et la distance sociale implique un coût supplémentaire d’au minimum 6 francs par client, qui vient s’ajouter aux charges courantes (salaires, loyers, électricité, charges sociales, etc..) », explique la directrice. Toutefois, elle n'augmentera pas les tarifs pour ses clients.

Cristina Le Jeune s’inquiète que les barbiers proposant des prix inférieurs au marché, soit 20 francs pour une coupe standard, ne parviennent pas à respecter les directives d’hygiène imposées par la branche. «Ils ne respectaient déjà pas les mesures d’hygiène dans le passé, alors pourquoi le feraient-ils maintenant? », s’interroge-t-elle.

Trois places au lieu de cinq

A La Chaux-de-Fonds, Jessie Robert a revu elle-aussi la disposition du salon de coiffure Domino. « Trois places seront disponibles au lieu des cinq habituelles et les clients attendront leur tour à l’entrée de l’établissement » explique la coiffeuse, qui estime les pertes liées au coronavirus à environ 18'000 francs.

A cela, s’ajoutent des dépenses d’environ 800 francs pour l’achat de masques, visières de protection, désinfectants, gants, et peignoirs jetables, afin de respecter les mesures sanitaires lors de la réouverture du salon.

Ces mesures ne parviennent pas totalement à rassurer Jessie Robert. «J’ai peur que les personnes âgées ne comprennent pas leur sens, et qu’il soit difficile de passer seulement 15 minutes avec les clients. Je crains aussi de ramener le coronavirus à la maison et d’infecter les membres de ma famille».

Peur des clients

Une réouverture sans client, c’est le scénario qui inquiète le plus Sofia Baptista, à la tête d’A-G-N et esthétique, basée à Sion. L’anxiété face à une possible infection du coronavirus pourrait décourager les gens à franchir la porte du salon. Le pire scénario concernerait une deuxième vague du coronavirus en Suisse, qui mènerait à une fermeture forcée de son établissement. Une éventualité qui mettrait en difficulté l’indépendante, qui témoigne de pertes dépassant les 10'000 francs depuis l’arrêt forcé de son activité. Début de réponse lundi.

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AGEFI

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