La réforme des retraites fâche tant à gauche qu'à droite

dimanche, 20.08.2017

Retraite des femmes à 65 ans, baisse des rentes du 2e pilier, hausse de celles de l'AVS: le 24 septembre, les citoyens décideront s'ils acceptent la réforme des retraites.

Alain Berset joue gros avec cette réforme mastodonte qui est passée sur fil au Parlement. (Keystone)

L'UDC, le PLR, une partie de l'économie, de la gauche et des femmes ne veulent pas de la réforme des retraites qui fera l'objet d'une votation le 24 septembre. Le Conseil fédéral juge ce compromis essentiel pour l'avenir du système.

Plus de vingt ans après la dernière réforme de l'AVS, seule la nécessité de revoir l'assurance vieillesse fait l'unanimité. Sans ce projet, le fonds AVS accusera un déficit dépassant 10 milliards de francs en 2032 et les caisses de pension continueront à puiser dans les fonds des actifs pour servir les rentes LPP des aînés.

Pour le Conseil fédéral, le PS, les Verts, le PDC, le PBD et le PVL, la réforme est un compromis équitable, social et indispensable pour assurer le financement des rentes à venir. Si rien n'est fait, ce sera aux jeunes générations d'en supporter les conséquences.
Pour permettre au système des piliers de la prévoyance de s'adapter à l'évolution de la société, il faut sortir des guerres de tranchées, selon les partisans du projet. "Personne n'a exactement ce qu'il voulait", admet le conseiller fédéral Alain Berset.

Augmentation des rentes AVS

Le financement prévu fait participer tout le monde via une hausse de la TVA de 0,6%. Les femmes devront travailler un an de plus, mais l'accès au 2e pilier, dont un demi-million d'entre elles ne disposent pas, sera facilité.

Dans le deuxième pilier, le taux de conversion du capital en rente sera progressivement ramené de 6,8% à 6%. Pour que le peuple accepte une baisse si forte, des compensations ont été prévues dans l'AVS: 70 francs de plus pour les nouveaux retraités et un relèvement de 150 à 155% du plafond de rente pour les couples mariés. Avec cette compensation, c'est la première fois depuis 40 ans que les rentes AVS augmentent.

Cette mesure est restée en travers de la gorge du PLR, de l'UDC et d'une partie de l'économie. Ils dénoncent un soutien trop généreux qui profite à tous, sauf aux retraités actuels. Ceux-ci ne sont cependant pas concernés par les mesures prévues. De manière générale, la droite trouve que la réforme renforce démesurément l'AVS.

Les plus grandes organisations interprofessionnelles romandes soutiennent cependant le projet, estimant que c'est un premier pas vers l'assainissement du système.

Une partie des organisations féminines et certaines sections cantonales de la gauche et des syndicats rejettent quant à elles l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes. Ce point les a poussées à lancer un référendum contre la loi. Pour elles, tant que l'égalité salariale n'est pas acquise, il n'est pas question pour les femmes de travailler jusqu'à 65 ans.

Alain Berset joue gros avec cette réforme mastodonte qui est passée sur fil au Parlement. Selon le résultat, elle représentera un brillant succès ou un cuisant échec pour le ministre des assurances sociales. Ses prédécesseurs radicaux se sont cassés les dents sur ce sujet.

La réforme comporte deux volets. Elle n'entrera en vigueur que si le peuple et les cantons disent oui à la révision de la constitution pour augmenter la TVA. Comme le référendum lancé par des syndicats romands a abouti, le peuple devra se prononcer en plus sur la loi qui réforme les deux piliers. Un seul "non" suffira pour tout faire capoter. (awp)


 

 


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