La Finma dénonce de graves manquements chez Raiffeisen

jeudi, 14.06.2018

La banque Raiffeisen s'est rendue coupable de graves manquements dans la gouvernance d'entreprise, affirme jeudi la Finma.

Dans son communiqué, la Finma dénonce une "violation grave" des dispositions des droits de la surveillance. (keystone)

L'Autorité de surveillance des marchés financiers estime que l'établissement n'a pas "correctement pris la mesure de certains conflits d'intérêts" et négligé son devoir de surveillance vis-à-vis de son ex-directeur général Pierin Vincenz. Le renouvellement du conseil d'administration est exigé.

Le gendarme financier a mis fin à une procédure d'examen approfondi ("enforcement") lancée en octobre dernier dans le sillage de l'affaire Vincenz. Ce dernier est soupçonné de gestion déloyale lorsqu'il présidait la société de cartes de crédit Aduno.

Dans son communiqué, la Finma dénonce une "violation grave" des dispositions des droits de la surveillance. Lors de son engagement à la tête de Raiffeisen, M. Vincenz a multiplié les prises de positions dans des entreprises, débouchant sur des cumuls de fonction et des conflits d'intérêts.

Raiffeisen n'est toutefois pas resté les bras croisés et a pris toute une série de mesures pour rétablir la situation. L'autorité les juge "appropriées", à conditions qu'elles soient effectivement et correctement mises en oeuvre.

Encore des efforts

Ces efforts ne s'avèrent toutefois pas suffisants. La Finma réclame des mesures supplémentaires et exige un renouvellement du conseil d'administration de Raiffeisen Suisse et un renforcement des compétences techniques de ses membres. Aucune autre sanction n'est imposée par le gendarme financier

Pierin Vincenz a opéré en tant que directeur général de Raiffeisen de 1999 à 2016 et détenait plusieurs mandats auprès de conseils d'administration, notamment en tant que président (1999 à 2017) d'Aduno, détenu à plus de 25% par Raiffeisen.

L'homme est dans le viseur de la justice et fait l'objet d'une procédure pénale. Il a été libéré mercredi de sa détention préventive, après avoir passé 106 jours sous les verrous.

L'affaire a éclaté en décembre dernier quand Aduno a porté plainte contre son ancien président, lui reprochant de s'être enrichi personnellement lors de plusieurs acquisitions et notamment avec la société d'investissement Investnet, revendue depuis par Raiffeisen. Pierin Vincenz a toujours contesté les accusations portées à son encontre.

L'année dernière, la Finma avait lancé une mesure d'enforcement à l'encontre de Pierin Vincenz, une procédure classée en décembre dernier car devenue "sans objet", puisque l'ancien CEO avait renoncé à toute responsabilité dans le domaine financier. (awp)





 
 

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