Violente attaque de Christian Levrat contre Ignazio Cassis

dimanche, 24.06.2018

Le summum de de la maladresse diplomatique et politique. Christian Levrat le président du PS s'en est violemment pris à Ignazio Cassis devant les délégués de son parti.

Le bilan du Tessinois est "triste" et il faut s'y opposer "avec la dernière énergie". A estimé le président du PS, Christian Levrat. (Keystone)

Avec ses attaques violentes contre Ignazio Cassis, Christian Levrat a marqué samedi l'assemblée des délégués du parti socialiste. Le président du PS juge que le conseiller fédéral PLR est "à la dérive" et qu'il faut mettre toute son énergie à le combattre.

Après avoir parlé politique climatique, égalité hommes-femmes et réforme de la fiscalité des entreprises, Christian Levrat s'en est pris à Ignazio Cassis de manière virulente. Le président du Parti socialiste tient le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) pour "responsables de ses dires."

Incohérent et erratique

Pas d'excuses donc, pas de malentendus et le constat est très sévère, selon Christian Levrat. Le discours du conseiller fédéral tessinois est "incohérent" quand il parle de la Syrie, "erratique" lorsqu'il s'exprime sur l'agence des Nations unies pour les Palestiniens.

Pour Christian Levrat, le "summum de la maladresse diplomatique et politique" est atteint lorsqu'Ignazio Cassis évoque la politique européenne de la Suisse. Il se réfère à la "volonté" du chef du DFAE "d'affaiblir les mesures d'accompagnement" à la libre circulation des personnes.

"Amis marchands d'armes"

Mais ce n'est pas tout. La décision du Conseil fédéral, sur propositions des deux PLR Ignazio Cassis et Johann Schneider-Ammann, d'autoriser les exportations d'armes vers les pays en guerre soulève la colère du leader socialiste. "C'est un summum de cynisme". "Monsieur Cassis semble considérer que les affaires de ses amis marchands d'armes sont plus importantes que les vies des civils", lâche Christian Levrat.

Le bilan du Tessinois est "triste" et il faut s'y opposer "avec la dernière énergie". Et dans cette charge déjà violente, Christian Levrat n'hésite pas à franchir un cran supplémentaire. Sous les applaudissements de l'assemblée, il cite l'ancien premier ministre socialiste français Michel Rocard: "Toujours préférer l'hypothèse de la connerie à celle du complot. La connerie est courante. Le complot demande un esprit rare".

Pas ensemble

Après de telles attaques, la venue de la collègue d'Ignazio Cassis, Simonetta Sommaruga, s'est révélée un peu problématique. A tel point que Christian Levrat et la conseillère fédérale socialiste ont tout fait pour ne pas se retrouver ensemble devant les objectifs des photographes.

La cheffe du Département de justice et police (DFJP) s'est aussi gardée de répondre aux questions de la presse sur le discours de son camarade de parti. Durant son intervention à la tribune, elle a plaidé pour l'égalité hommes-femmes, qu'il s'agisse de salaire ou de postes à responsabilités.

Fin des clubs masculins

"Aucune femme ne doit gagner moins dans ce pays parce qu'elle est une femme". Les femmes attendent depuis trop longtemps en Suisse. Elles attendent aussi de pouvoir accéder aux positions élevées de la hiérarchie.

"Aujourd'hui, les étages directoriaux des grandes entreprises suisses sont des clubs masculins", a déploré Simonetta Sommaruga. "J'aimerais changer ça et que les femmes aient la possibilité de monter tout en haut de l'échelle", a-t-elle lancé.

Combats du PS

Les progrès dans ces domaines ont été réalisés parce que le Parti socialiste s'est battu, parce que ses gens sont descendus dans la rue. "Le PS est le parti dans lequel les femmes peuvent compter sur les hommes", a affirmé la conseillère fédérale. "Aucune femme ne devrait avoir à choisir entre carrière et famille. Aucun homme non plus", a conclu la cheffe du DFJP.

Durant l'assemblée, les délégués se sont aussi prononcés sur divers sujets. Ils ont dit "non" à l'unanimité moins une abstention à l'initiative populaire pour l'autodétermination (juges étrangers). Contre leur comité directeur qui prônait la liberté de vote, ils ont recommandé d'approuver les deux initiatives populaires sur l'alimentation soumises au souverain le 23 septembre.

Climat et social

Les socialistes ont aussi adopté un papier de position du parti sur la politique climatique. Le document contient deux mesures concrètes: la fin des investissements nuisibles au climat à partir de 2030 et la fin des moteurs à combustion à partir de 2040. Enfin, l'assemblée a apporté son soutien au référendum contre la base légale pour les assurés. (awp)





 

 

 

 


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