Regain de tensions à la tête d'Uber

samedi, 30.09.2017

L'ancien patron d'Uber Travis Kalanick, écarté en juin suite à divers scandales, a nommé vendredi, comme il en conservait le droit, deux nouveaux membres au conseil d'administration, un geste susceptible de relancer les tensions à la tête du groupe.

Bien qu'écarté de la direction d'Uber, Uber Travis Kalanick peut toujours nommer des personnes au conseil d'administration. (Keystone)

"La nomination de Mme (Ursula) Burns et de M. (John) Thain au conseil d'administration - par l'ancien patron d'Uber Travis Kalanick - constituent une surprise complète pour Uber et son conseil. C'est précisément la raison pour laquelle nous travaillons à mettre en place une gouvernance de grande qualité, pour nous assurer que nous bâtissons une entreprise dont chaque employé et chaque actionnaire est fier", a indiqué un porte-parole du groupe, confirmant des informations du Wall Street Journal et le site d'information Recode.

L'ancien PDG controversé du groupe, Travis Kalanick, était toujours membre du conseil et conservait le droit de nommer deux autres membres en plus de lui-même.

"Je suis heureux d'annoncer qu'Ursula Burns et John Thain ont accepté de rejoindre le conseil d'administration d'Uber", a indiqué M. Kalanick dans une déclaration.

Il s'agit de prises de choix : Ursula Burns était jusqu'à une date récente à la tête de Xerox (où elle était devenue la première femme noire PDG d'une grosse entreprise américaine), tandis que John Thain, entre autres ancien PDG de Merrill Lynch, a aussi dirigé la Bourse de New York (NYSE).

"Il ne fait aucun doute que le conseil bénéficiera de leur connaissances précieuses, leurs conseils et leur regard indépendant au moment où Uber (...) se prépare à une entrée en Bourse", dit ausi M. Kalanick, qui place ainsi des alliés à ses côtés au conseil.

Travis Kalanick fait ainsi un pied de nez à un important investisseur du groupe, Benchmark Capital, qui conteste précisément à l'ancien patron le droit de nommer des membres au C.A, le soupçonnant de vouloir garder le contrôle sur le groupe de location de voiture avec chauffeurs.

Le conseil d'administration s'était déchiré une bonne partie de l'été 2017, partagé entre partisans et détracteurs de l'ancien patron.

M. Kalanick montre donc qu'il n'est pas prêt à lâcher le morceau, alors même que les tensions à la tête du groupe semblaient s'apaiser depuis la nomination fin août d'un nouveau patron, Dara Khosrowshahi. Celui-ci avait indiqué dans la foulée préparer une entrée en Bourse d'ici 18 à 36 mois.

Autre point crucial pour le groupe, le groupe japonais SoftBank souhaite investir dans Uber une somme évaluée à 10 milliards de dollars par la presse. Un investissement auquel s'oppose précisément... Benchmark Capital, selon le Wall Street Journal.

Uber, qui a accumulé les pertes financières, fait face à un tourbillon de controverses depuis des mois: accusations de harcèlement sexuel, de vols de technologies, de corruption, d'utilisation de logiciels illégaux, le tout sur fond de conflits avec ses propres chauffeurs et les taxis traditionnels dans plusieurs pays...

Dernier épisode en date, Londres vient de refuser avec fracas le renouvellement de sa licence. (awp)


 

 


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