Editorial: Réformons le deuxième pilier maintenant!

lundi, 24.06.2019

Revoir à la baisse le taux de conversion de la LPP obligatoire ne réglerait que le problème mathématique.

Christian Affolter

Christian Affolter

L’arrivée de la Loi sur la prévoyance professionnelle (LPP) en 1985 a permis de mettre sur pied un système qui génère aujourd’hui une part substantielle des revenus de retraite. Un succès qui ne semble guère laisser de doutes par rapport à la pérennité du deuxième pilier. Mais l’historique depuis l’entrée en vigueur de la LPP est aussi celle d’un éloignement sous beaucoup d’aspects. Ils concernent l’évolution démographique, les changements sociétaux, l’évolution des carrières professionnelles, les paramètres mathématiques et financiers. La longueur et la variété de cette liste témoigne à elle seule du besoin et de l’urgence d’une réforme fondamentale.

Revoir à la baisse le taux de conversion de la LPP obligatoire réglerait seulement les problèmes d’ordre mathématique et permettrait de renouer avec le principe d’un système de capitalisation de verser des prestations qui ont auparavant été financées. La redistribution des actifs vers les retraités est d’autant plus néfaste que les premiers ont besoin de rémunérations intéressantes pour compenser la diminution prévisible du taux de conversion.

Après avoir permis à l’AVS de gagner quelques années sur les échéances critiques de son financement – ni plus, ni moins – grâce à la RFFA, il faut en priorité s’attaquer au deuxième pilier. Si l’AVS suit fidèlement chaque citoyen suisse, il incombe à l’assuré de faire le suivi du côté de la prévoyance professionnelle. Les prestations non financées ne sont de loin pas le seul problème du deuxième pilier. L’emploi stable à plein temps à la base de la LPP fait face aux nouvelles carrières qui se conçoivent sous forme de mandats de durée et de pourcentage de temps de travail variables.

Pour les assurer dans le deuxième pilier sans être pénalisés, plusieurs paramètres doivent être adaptés rapidement. Il n’est plus admissible que la déduction de coordination s’applique pleinement à chaque emploi, non pas de manière proportionnelle. En ne prêtant pas attention aux changements fondamentaux en cours en les intégrant dans le deuxième pilier, le nombre de comptes de libre passage et le volume d’avoirs sous gestion de la fondation supplétive vont exploser. Il faut aussi d’urgence trouver des solutions à la pénalisation des collaborateurs âgés par la progressivité des cotisations LPP, un problème exacerbé là aussi par les changements d’emploi nettement plus fréquents que par le passé.

Finalement, il ne faut pas détériorer, mais améliorer les conditions pour ceux qui souhaitent travailler au-delà de l’âge réglementaire de départ à la retraite. De manière générale, la flexibilisation doit être l’un des maîtres mots de la prochaine réforme d’un système certes malléable, mais qui comporte tout de même trop de rigidités.





 
 



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