Large victoire de Bernie Sanders aux primaires du Nevada

dimanche, 23.02.2020

Bernie Sanders a remporté haut la main samedi le vote dans l'Etat américain du Nevada pour la primaire démocrate.

A 78 ans, le sénateur Bernie Sanders indépendant au programme nettement marqué à gauche dispose d'un très large avantage (Keystone)

Bernie Sanders s'installe fermement dans la position de favori pour aller défier le président Donald Trump à l'élection du 3 novembre.

A 78 ans, le sénateur indépendant au programme nettement marqué à gauche disposait d'un très large avantage, avec 46% des suffrages, sur des résultats encore partiels. Selon ces résultats issus de 23% des bureaux de vote, l'ancien vice-président modéré Joe Biden apparaissait en deuxième place (23%), loin devant l'ex-maire Pete Buttigieg (13%).

Mais ce dernier a cherché, avec un discours fort, à se présenter en meilleur rempart modéré contre un Bernie Sanders qu'il juge trop à gauche pour pouvoir rassembler les électeurs et battre Donald Trump.

"Le sénateur Sanders croit en une révolution idéologique inflexible, qui oublie la plupart des démocrates, sans parler de la plupart des Américains", a-t-il lancé.

Benjamin et révélation des primaires âgé de 38 ans, il a mis en garde les électeurs démocrates contre le risque de choisir un socialiste pour qui le capitalisme est "à l'origine de tous les maux".

Biden combatif

Ce troisième round des primaires démocrates place le sénateur socialiste Bernie Sanders, âgé de 78 ans, dans une position très favorable avant l'avalanche du "Super Tuesday" le 3 mars, lorsque quatorze Etats voteront.

Triomphant devant la foule venue l'acclamer en criant "Bernie", le sénateur était déjà samedi en campagne dans le Texas, poids lourd avec la Californie des Etats qui voteront pour cette grande journée électorale. "Nous allons gagner ici au Texas. Nous allons gagner à travers ce pays parce que les Américains en ont assez d'un président qui ment tout le temps", a-t-il lancé devant des partisans en liesse, à San Antonio.

Mais la course est longue jusqu'à l'investiture du candidat qui défiera le républicain Donald Trump. Après l'Iowa et le New Hampshire, les candidats démocrates se présentaient dans le Nevada, dont la population est plus diverse, avec un tiers d'habitants hispaniques.

Une différence qui représentait un test pour le candidat modéré Pete Buttigieg, 38 ans et révélation de ces primaires, mais qui peine à convaincre les électeurs issus des minorités. Longtemps grand favori, l'ancien vice-président Joe Biden, 77 ans, a salué son résultat qui semble le placer deuxième dans le Nevada, après deux humiliations lors des premiers votes.

Populaire chez les minorités, l'ex-bras droit de Barack Obama compte faire un bon score la semaine prochaine en Caroline du Sud, où les Noirs représentent plus de la moitié de l'électorat démocrate. Et disputer alors à Pete Buttigieg le statut de meilleure alternative modérée à Bernie Sanders.

Eviter le chaos

La netteté des résultats en faveur de Bernie Sanders a permis d'éviter le chaos de la publication des résultats de l'Iowa début février qui avaient souffert d'un bug informatique. Ces deux Etats votent par un système de "caucus", des assemblées d'électeurs qui se regroupent sous la bannière de leur candidat.

Bernie Sanders arrivait dans le Nevada fort de deux excellents résultats dans l'Iowa et le New Hampshire. Dans le premier de ces deux Etats, il avait cependant été devancé d'un cheveu par Pete Buttigieg.

La large victoire de Bernie Sanders montre qu'il n'a pas souffert des révélations embarrassantes publiées vendredi soir sur une ingérence de la Russie en sa faveur, via des messages en ligne et sur les réseaux sociaux.

Bloomberg absent

De son côté, le président républicain Donald Trump observe, ironique, la bataille démocrate. "On dirait que Bernie le Fou fait un bon résultat dans le Grand Etat du Nevada. Biden & les autres ont l'air faibles", a-t-il tweeté samedi soir.

Le multi-milliardaire Michael Bloomberg a quant à lui fait l'impasse sur les premiers Etats pour entrer en lice lors du "Super Tuesday".

La fortune de l'ancien maire de New York lui a permis de se hisser à la troisième place dans la moyenne des sondages nationaux, à coups de spots publicitaires financés avec déjà plus de 360 millions de dollars depuis novembre.

Ses rivaux l'accusent sans relâche de vouloir "acheter" l'élection. Déjà plombé par des accusations polémiques, cet ex-républicain essuie aussi des critiques nourries depuis sa piètre performance lors de son premier débat mercredi. (ats)





 
 


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