Sans surprise du côté de l'Opep, le pétrole termine en hausse

samedi, 23.09.2017

Le prix du baril de pétrole coté à New York a légèrement progressé vendredi après une réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses partenaires encourageante mais sans avancée formelle sur leur accord de limitation de production.

Aucun engagement formel pour limiter les extractions n'a pour l'instant été pris par le cartel et gros producteurs de brut.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en novembre, référence américaine du brut, a gagné 11 cents pour clôturer à 50,66 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), son plus haut niveau depuis mai.

Les cours avaient évolué autour de l'équilibre pendant toute la séance.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre s'est apprécié de 43 cents sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, pour terminer à 56,86 dollars, son plus haut niveau depuis février.

"Les investisseurs attendaient de voir ce qui allaient émerger de la rencontre entre les membres de l'Opep, mais rien de concret n'en est sorti", a relevé Matt Smith de ClipperData.

Le cartel et d'autres gros pays producteurs de brut, dont la Russie, se sont engagés fin 2016 à limiter leurs extractions dans le but de limiter l'offre sur le marché mondial et tenter ainsi de redresser le prix du baril.

Des représentants se réunissaient vendredi à Vienne en Autriche pour assurer le suivi de cet accord, qui court actuellement jusque mars 2018.

"Le rééquilibrage du marché est engagé", a jugé Mohammed Sanusi Barkindo, le secrétaire général de l'Opep.

"Nous devons garder le rythme et poursuivre l'action concertée", a aussi déclaré le ministre russe de l'Energie Alexandre Novak.

Mais aucun engagement formel n'a pour l'instant été pris.

"Ils n'ont pas dit qu'ils prévoyaient de prolonger l'accord, d'imposer des restrictions supplémentaires ou d'inclure le Nigeria et la Libye dans le processus", a relevé Robert Yawger de Mizuho USA. Membres de l'Opep, ces deux pays ont été exemptés de quotas en raison des problèmes sécuritaires et politiques qui entravent de facto leur production.

"Ceux qui misaient sur une de ces trois annonces sont probablement déçus", a avancé M. Yawger.

Toutefois, a-t-il rappelé, il n'est pas étonnant de voir les cours se stabiliser après trois semaines de hausse.

"Il est trop tôt pour que les producteurs décident maintenant de ce qu'il faut faire au-delà du premier trimestre 2018", remarquait avant la réunion Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB Markets.

"Il n'y a pas d'urgence à l'heure actuelle", d'autant que la bonne forme des prix du brut permet à l'Opep de ne pas se précipiter, expliquait-il.

Les prix ont aussi été soutenus par le référendum d'indépendance prévu lundi dans le Kurdistan irakien, certains opérateurs intégrant une petite prime de risque au vu des tensions régionales autour de cette initiative controversée.

"Au total, la région a des réserves pétrolières de quelque 45 milliards de barils, autant que le Nigeria. On estime à 600.000 barils par jour la production locale, dont l'essentiel est exporté via la Turquie" très critique vis à vis du référendum, ont souligné les analystes de Commerzbank. (awp)


 

 


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