Franc suisse: variations inhabituelles

mercredi, 13.02.2019

Changes. Des spéculateurs essaieraient-ils de profiter de marchés très étroits pour engranger des bénéfices rapides?

Daniel Varela*

Si l’on met de côté quelques cambistes et investisseurs de court terme, peu de gens se sont aperçus des violents mouvements qui ont affecté le yen japonais le 3 janvier. En l’espace de quelques minutes et dans un contexte de liquidité très restreinte en raison de la période de vacances au Japon, la monnaie nippone s’est fortement appréciée contre la plupart des devises. Elle a par exemple progressé de 7% contre le dollar australien avant de reperdre la totalité de ce gain durant les heures et jours qui suivirent. 

Ce lundi 11 février, on a observé à nouveau des variations inhabituelles bien que de moindre proportion sur le marché des changes et cette fois-ci notre franc suisse semble être le centre d’attention. Alors que le Japon profite à nouveau d’un jour de relâche, le franc s’est rapidement déprécié de près de 1% dimanche vers 23 heures avant de se reprendre en l’espace de trente minutes. On peut se demander si des spéculateurs n’essayent pas de profiter de marchés très étroits pour engranger des bénéfices rapides. 

Si une dépréciation du franc est souhaitée par la Banque Nationale Suisse sur la durée, de telles variations à court terme ne sont sans doute pas appréciées. Car le franc suisse reste aujourd’hui un des principaux outils de la politique monétaire suisse, tout comme les différentiels de taux avec les autres devises. Et sur ce plan, le métier des banquiers centraux helvétiques est également devenu plus compliqué dernièrement. 

Car avec le recul de la crainte inflationniste dans le monde et avec les grandes banques centrales désormais en position d’attente, les rendements gouvernementaux sont repartis à la baisse dans la plupart des pays développés avec pour conséquence des taux suisses qui ne sont plus aussi dissuasifs. C’est notamment le cas vis-à-vis du Japon ou de l’Allemagne qui affichent également des taux négatifs sur une bonne partie de leurs courbes de taux à l’exception des échéances les plus longues. 

Fort heureusement pour la BNS, après la panique de fin d’année sur les marchés financiers, le retour de la confiance réduit la demande pour une monnaie-refuge comme le franc suisse. Elle peut espérer que ce répit perdure encore durant les prochains mois, même si une consolidation temporaire n’est pas à exclure après la forte hausse que les bourses ont connue en ce début d’année 2019.

*Chief Investment Officer, Banque Piguet Galland





 
 
 

AGEFI

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