Obligations pandémiques: le mieux est l’ennemi du bien

dimanche, 25.08.2019

Au début de l’été 2017, ce nouveau type de formule, comparable aux «obligations catastrophes» avait fait son arrivée.

Catherine Reichlin*

Emises par la Banque Mondiale, leur objectif était de pouvoir rapidement débloquer des fonds si une épidémie avec risque pandémique venait à se déclarer. Les esprits étaient encore marqués par la progression dramatique du virus Ebola qui avait fait des milliers de morts en 2014. 

Dans de telles crises, la vitesse à laquelle des fonds sont débloqués est un facteur déterminant. C’est dans cet esprit qu’avaient été dessinées les obligations pandémiques, des produits s’apparentant aux «obligations catastrophes» utilisées par les assureurs. Et si le capital de ces dernières est libéré par les demandes de dédommagement, des conditions pour les obligations pandémiques ont dû être déterminées. Types de virus, nombre de morts sur le territoire national et dans les pays limitrophes ainsi que la vitesse de propagation en font partie. 

Confortable rémunération de plus de 10%

Aujourd’hui, le virus Ebola a fait près de 2000 victimes au Congo (RDC) depuis le début de l’année et le pays projette une vaccination transfrontalière pour ceux qui traversent régulièrement la frontière avec le Rwanda et l’Ouganda. Le Burundi voisin s’inquiète également, multiplie contrôles sanitaires à la frontière et y fait vacciner tout son personnel de santé. Le capital lié aux obligations pandémiques est-il pour autant transféré? Et bien, non pas encore car les conditions ne sont pas réunies, notamment le nombre de décès dans les pays limitrophes. Le capital reste donc à l’actif des investisseurs qui perçoivent toujours une confortable rémunération de plus de 10% par année dans un monde de taux d’intérêt anémiques, un risque sur capital plutôt très bien rémunéré.

Conditions non réunies

Ce cas d’école fait couler de l’encre et soulève de nombreuses questions, notamment éthique. Mais sur un plan strictement financier, et selon les termes du prospectus, les conditions ne sont à ce jour pas réunies pour transférer le capital. Opposer cet état de fait au nombre de décès croissant et à la hausse du risque de propagation n’y changera malheureusement rien dans l’immédiat. Comprendre que les progrès dans la prévention de la maladie expliquent en partie que les fonds n’aient pas été débloqués ne change rien non plus. Le débat n’en reste pas moins fondamental et touche différents plans, comme celui de l’éthique et du financement des urgences humanitaires. 

Les obligations pandémiques ont été structurées comme de produits financiers offrant une rémunération élevée contre le risque de perdre le capital investi. Deux ans après leur lancement, ces obligations sont au cœur d’une actualité dont elles se seraient bien passées et leurs conditions restrictives rappellent le dicton populaire que «le mieux est l’ennemi du bien». Espérons que cette expérience permettra une adaptation du modèle plutôt que son éviction car, malgré des intentions louables et un besoin réel, il n’a jusqu’à présent que profité qu’aux investisseurs.

*Responsable recherche financière chez Mirabaud & Cie





 
 
 

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