L'UE précise sa politique de consentement abyssale sur les cookies

jeudi, 07.05.2020

Les murs de cookies ou le balayage de la page par l'utilisateur ne pourront plus constituer un consentement de la politique de suivi. Une mesure qui concerne aussi la Suisse.

Marine Humbert

En janvier, Google annonçait la fin de l'acceptation des cookies de site tiers sur son navigateur chrome.(Pixabay)

Inévitable lors de la navigation sur le Web, les politiques d'acceptation des cookies sont souvent formulées de manière trompeuse ou impossible à refuser. Afin de rendre le consentement aux cookies plus consensuel, l'UE a publié cette semaine des mises à jour du règlement général sur la protection des données (RGPD) interdisant certaines des pires interprétations de ces politiques.

Seule une déclaration ou une action affirmative claire de l'utilisateur peut signifier son accord pour le traitement des données personnelles le concernant, souligne la commission. 

Consentement explicite

Actuellement, certains propriétaires de site internet mettent en place un script qui empêche le contenu d'être visible à l'exception d'une demande d'acceptation des cookies. On appelle cela: un mur de cookies. Dans sa mise à jour, l'UE estime désormais que ce procédé ne constitue pas un consentement valide, l'utilisateur n'ayant pas de choix véritable dans cette situation.

Il en va de même pour les balayages de pages, ou le défilement de la page via son curseur. Ces interactions qualifiée d'élémentaires ne peuvent plus être interprétées comme une acceptation des politiques de suivi.

A noter que ces mises à jour ne sont que des lignes directrices destinées à façonner la politique nationale. L'UE adopte des lois, mais c'est aux États membres de les faire appliquer. Et le travail est encore long. Une récente étude a démontré que les modèles sombres et le consentement implicite sont omniprésents sur les site web européens; seuls 11,8% satisfont aux exigences minimales fixées sur la base du droit européen.

Il est également constaté que le style de notification (bannière ou barrière) n'a aucun effet sur le consentement; la suppression du bouton de désactivation de la première page augmente le consentement de 22 à 23 points de pourcentage; et fournir des contrôles plus granulaires sur la première page diminue le consentement de 8 à 20 points de pourcentage.

La Suisse concernée

Le RGPD prévoit une application extraterritoriale, s’appliquant donc également à la Suisse. Qu’elle se situe dans l’Union européenne ou pas, toute entreprise est concernée, à partir du moment où elle adresse ses offres de biens et de services à des citoyens européens, ou à partir du moment ou elle utilise des méthodes de suivi et d’analyse du comportement de consommateurs européens.

Google a dit non aux cookies

En janvier, le géant du web Google a annoncé la fin de l'acceptation des cookies de site tiers sur son navigateur chrome. L’entreprise s’est fixé un délai de deux ans pour se débarrasser des cookies tiers. Une décision qui s’inscrit au sein de l’initiative open source Privacy Sandbox, lancée en août 2019 par Google. "Si les cookies tiers disparaissent, les acteurs de la publicité numérique auront vraisemblablement de la peine à survivre. Ce qui pourrait logiquement faire les affaires de Google qui s’arrogera inévitablement une plus grande part du gâteau publicitaire", soulignait sur son Blog, l'expert en marketing connecté, Blaise Reymondin.

Reciblage publicitaire

Pour rappel, un cookie est un fichier informatique que le navigateur vient déposer sur votre ordinateur lorsque vous visitez un site web. Il enregistre des informations sur votre navigation. Le cookie propriétaire est déposé par le site que vous visitez, la plupart du temps pour assurer son bon fonctionnement, comme maintenir un panier d'achats. Le cookie tiers, lui, est déposé par une entité tierce, comme Facebook, souvent à des fins de reciblage publicitaire.





 
 
 
 

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