Voiture électrique: vers un nouveau mode de recyclage des batteries

lundi, 12.08.2019

Les immatriculations de voitures électriques ne cessent d’augmenter. Mais que faire des batteries en fin de vie?

Toute une série de nouvelles voitures électriques seront lancées cette année sur le marché.

A l’heure actuelle, près de 40.000 voitures électriques et hybrides à batteries lithium-ion roulent sur les routes suisses, soit 1% du parc total de véhicules. Ce nombre croît rapidement. Sa part dans les nouvelles immatriculations s’est déjà accrue de 5,3% au cours des trois premiers mois de 2019.

Et ce n’est qu’un début: toute une série de nouvelles voitures électriques seront lancées cette année sur le marché, dont l’Audi e-tron, la Mercedes EQC et la Peugeot e-208. Elles y rejoindront la Tesla Model 3, leader des immatriculations électriques depuis mars dernier. Le Groupe VW doit lancer sa première voiture électrique de grande série en 2020, la VW iD.3.

Le moment est donc venu de réfléchir au destin des batteries des voitures accidentées ou en fin de vie.

Le système de recyclage des importateurs de voitures

L’association auto-suisse – qui représente la majorité des importateurs suisses de voitures – en est bien consciente. En 2018, elle a demandé à l’Empa d’étudier les grandes lignes d’un système de recyclage des batteries de véhicules électriques.

L’Empa avait déjà conseillé, entre autres, Swico qui s’occupe du recyclage des appareils électroniques et informatiques. Cependant, au contraire du matériel électronique, le matériel automobile n’est actuellement pas soumis à une contribution anticipée de recyclage (CAR).

Auto-suisse souhaite voir la question réglée pour l’ensemble du secteur et a confié cette mission à la Fondation Auto Recycling Suisse qui s’occupe déjà depuis 1992 du démontage et du recyclage des voitures suisses.

Rolf Widmer, chercheur à l’Empa, et ses collègues du département «Technologie et Société» collaborent depuis mars 2019 avec la fondation Auto Recycling. Ils étudient les systèmes de recyclage des pays voisins, leur coût et leur empreinte écologique, ainsi que les modèles de calculs permettant d’anticiper le nombre de batteries électriques à traiter afin de choisir la stratégie la plus appropriée.

Recycler à chaud ou à froid?

La majorité des batteries lithium-ion ne sont pas broyées à froid comme dans la méthode de Duesenfeld (le déchiquetage de batteries lithium-ion), mais calcinées dans un four puis moulues.

Le leader de ce marché est la société belge Umicore. Les minces feuillets de cuivre de la batterie fondent et forment un alliage valorisable avec le cobalt et le nickel. Par contre, le lithium, le graphite, l’électrolyte liquide et l’aluminium des batteries finissent dans les scories et ne sont pas économiquement réutilisables.

Outre la méthode utilisée par Umicore et le broyage à froid sous gaz neutre, il existe d’autres méthodes automatisées de démontage. Batrec Industries AG, entreprise suisse spécialiste du recyclage des batteries, en déchiquette un grand nombre en milieu humide pour prévenir les incendies. Les experts de l’Empa vont comparer toutes ces méthodes.

La question du transport

L’étude du meilleur système de recyclage ne se limite pas à la réduction en miettes des batteries, elle inclut également la mise sur pied de toute la chaîne de livraison. «Les batteries de véhicules accidentés peuvent prendre spontanément feu. Classées "marchandise dangereuse", elles doivent être transportées dans des conteneurs spéciaux», explique Daniel Christen, directeur de la Fondation Auto Recycling Suisse. «C’est compliqué et coûteux», ajoute-t-il. C’est pourquoi il cherche une manière plus simple et avantageuse de neutraliser les batteries et de les acheminer vers les centres de retraitement.

Plusieurs pistes ont déjà été explorées: la société Blubox Trading AG de Birrwil importe les «Firebox» de fabrication hollandaise. Il s’agit d’un conteneur équipé d’une installation d’extinction et pouvant accueillir toute une voiture ou une cargaison de batteries pas encore neutralisées.

Il s’agit enfin de former les expéditeurs et les recycleurs de voitures à la prévention des risques que présentent les voitures électriques et leurs batteries. Il existe déjà pour les équipes de secours une base de données contenant les informations nécessaires: les pompiers peuvent indiquer sur leur tablette le numéro des plaques d’un véhicule et, s’il s’agit d’une voiture électrique, obtenir en retour des indications sur l’emplacement des batteries et la manière de les retirer. Ces informations ont déjà permis de démonter des voitures électriques en toute sécurité.





 
 
 
 

AGEFI

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