Le réseau de laveries du futur Egen inaugure ses premières franchises

mercredi, 08.07.2020

L’enseigne vaudoise Egen optimise le pressing. Elle s’est lancée dans une stratégie d’expansion rapide pour couvrir la Suisse romande d’ici un an.

Sophie Marenne

Ouverte depuis peu, la première franchise Egen est nichée dans le Perma-Express, le plus ancien pressing de Delémont, dont Serhat Açig a souhaité conserver l’enseigne.

Le jeune entrepreneur Serhat Açig gère ses blanchisseries comme des start-up. Après avoir perfectionné son concept, l’heure de l’expansion est venue. A ses enseignes propres d’Yverdon-les-Bains et de Vevey s’ajoutent deux premières franchises: l’une à Delémont, depuis le 2 juin, et l’autre à Lausanne qui verra le jour avant l’automne. «En l’espace de trois ans, nous avons réussi à trouver une alternative de pressing inédite, à l’améliorer et à la dupliquer ailleurs. Nous recevons constamment des demandes pour d’autres franchises», s’enorgueillit le jeune entrepreneur dont la société emploie sept collaborateurs.

De Genève aux Grisons en passant par le Tessin, le Vaudois veut propager son modèle d’affaires à tout le territoire. Il espère avoir couvert la Suisse romande d’ici un an. «Nous sommes déjà prêts», assure Serhat Açig.

Laver moderne

 

Egen s’appuie sur l’optimisation du modèle d’affaires des laveries. «L’atout, c’est le rendement», explique l’ancien apprenti employé de commerce et programmeur informatique. Connectées par ordinateur à un logiciel maison, les machines sont autonomes. «Que ce soit l’injection des produits et de l’eau, ou la gestion des températures: tout est automatique», commente-t-il. Résultat: la même machine nettoie autant des vêtements en cachemire que des costumes ou des nappes de restaurant, en une vingtaine de minutes. Là où certains programmes classiques prennent jusqu’à une heure et demie.  

L’organisation sur place a aussi été repensée afin de simplifier les processus, «ce qui fait que nous pouvons proposer des prix compétitifs», dit-il. Pour le nettoyage d’un costume deux pièces avec un traitement de meilleure tenue, Egen annonce un tarf inférieur de 30% par rapport au géant français du nettoyage à sec 5àSec et de 40% par rapport au  groupe familial genevois Baechler.

Le processus choisi par Egen est aussi écologique. La grande majorité des pressings du pays s’appuie encore sur le perchloroéthylène (PER), un solvant chloré «potentiellement toxique» selon les experts. Très encadré d’un point de vue règlementaire, il est peu à peu abandonné au profit d’autres techniques comme le KWL ou l’aquanettoyage. C’est cette méthode qui a été optimisée par l’entrepreneur d’origine kurde. «Grâce aux machines que nous avons adaptées, et avec uniquement de l’eau et une dizaine de produits biodégradables, nous traitons tous types d’articles», souligne-t-il.

 

Depuis chez soi

L’entrepreneur a fait ses armes avec un premier projet en 2015: la plateforme en ligne Washup qui lui a permis de sonder le marché d’un service de commande, retrait et livraison de blanchisserie, à domicile ou en point retrait. Il a capitalisé sur cette expérience avec l’application Egen. Elle séduit surtout les 28 – 35 ans et comptait, avant la crise du Covid-19, environ 1400 utilisateurs actifs. Le développement de la société née en 2016 s’est accéléré depuis son contrat avec l’École hôtelière de Lausanne (EHL), en septembre 2018. «Nous y disposons de notre propre pressing, avec nos machines, agrémenté de notre décor haut de gamme», décrit le créateur de la marque à l’emblème de paon. L’ambitieux fondateur multiplie les projets. Il est également CEO de la start-up de maraîchage par hydroponie Willka. Située à l’Y-Parc, le parc d’innovation d’Yverdon-les-Bains, l’agrotech veut faire pousser des aliments verticalement, sans terre et sans soleil. Serhat Açig rêve de tisser un vrai réseau entre ses deux start-up et encore bien d’autres projets qu’il a derrière la tête.

 

 





 
 
 
 

AGEFI

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