Le genevois Lymo obtient gain de cause à la barbe d’Uber

vendredi, 17.07.2020

La Suva a tranché: les chauffeurs utilisant Lymo sont des indépendants et non des salariés. Du coup l’aggrégateur de courses va reprendre et pourrait s’implanter à Zurich, Bâle et Lausanne.

Pour l’heure, Lymo compte 350 chauffeurs inscrits et 15’500 clients dans la Cité de Calvin.

L’aggrégateur de courses Lymo semble avoir trouvé la formule magique. Après avoir rendu un préavis négatif en mai, la Suva a finalement tranché: les chauffeurs utilisant la plateforme genevoise sont des indépendants et non des salariés. Fort de cette décision, le service va reprendre en septembre et pourrait s’implanter à Zurich, Bâle et Lausanne prochainement.

Le statut d’indépendant pour les chauffeurs constitue la pierre philosophale recherchée par tous les opérateurs VTC (véhicule avec chauffeur), le géant californien Uber en tête. Lymo avait suspendu son service mi-mai après une décision défavorable de la Suva. La caisse nationale d’assurance accident est revenue sur son préavis et donné in fine raison à la jeune pousse genevoise.

«Mais nous n’avons pas modifié notre modèle d’affaires», explique à AWP Mélanie Malhamé, directrice générale de Lymo, rappelant que la plateforme respectait la loi dès son lancement.

Pour la Suva, Uber est un employeur

La Suva confirme cet état de fait. «Chaque chauffeur assume un risque entrepreneur et il n’y pas de lien de subordination particulier avec Lymo. Enfin, c’est le client qui sélectionne son taxi», argumente Nadia Gendre, responsable de la communication pour la Suisse romande. En revanche, l’assurance accident considère encore Uber Suisse comme un employeur vis-à-vis de ses chauffeurs, ce que la société a toujours contesté.

Contactée, la filiale helvétique du groupe américain ne souhaite pas réagir à la récente décision de la Suva. Elle a annoncé la semaine dernière des modifications sur son application, comme le choix des tarifs ou des courses. Un litige oppose encore l’Etat de Genève à Uber, sommé par les autorités de régler les cotisations sociales des chauffeurs.

Seule voix discordante, celle des syndicats, qui appellent la Suva à la prudence. Le dirigeants de Lymo ne feraient pour l’heure que «des belles promesses». Celles-ci devront être suivies de faits, avertit Umberto Bandiera, responsable du dossier chez Unia. «On a l’impression que la Suva a fait trop confiance à ces déclarations. On n’arrive pas à comprendre sur quelle base cette entreprise arrivera à faire des bénéfices», s’inquiète-t-il.

Chasse sur les terres d’Uber

Alors qu’Uber ponctionne une commission de 27% sur chaque course, Lymo encaisse une contribution unique de 15 francs par semaine, soit 60 francs maximum par mois, à condition qu’au moins une course soit réalisée. Le seuil de rentabilité sera atteint à Genève avec 600 chauffeurs, assure Alex Sabbag, cofondateur de la jeune pousse.

Pour l’heure, Lymo compte 350 chauffeurs inscrits et 15’500 clients dans la Cité de Calvin. Le conseiller national PLR genevois Christian Lüscher et le tennisman vaudois Stanislas Wawrinka figurent parmi les actionnaires.

Alors qu’Uber peine à sortir de l’impasse avec les autorités, un véritable boulevard semble s’ouvrir pour Lymo, qui réfléchit déjà à la prochaine étape. «Nous avons récemment procédé à une levée de fonds, la sixième de notre histoire. Nous disposons désormais de moyens suffisants pour financer notre expansion en Suisse», considère Alex Sabbag, qui ne fournit cependant aucun chiffre.

«Nous devons désormais nous adapter à chaque législation cantonale. Cela ne devrait cependant pas poser trop de problèmes puisque le cadre genevois est le plus contraignant de Suisse», note Mélanie Malhamé. La ville de Zurich devrait être desservie en février, celles de Lausanne et Bâle d’ici à la fin de l’année prochaine.

Une septième levée de fonds – très substantielle – sera lancée ultérieurement avec pour but de financer l’expansion à l’étranger. Lymo réfléchit à s’implanter dans des pays propices aux VTC – comme la France – et envisage même de chasser sur les terres d’Uber en Californie.

Lymo reviendra en septembre avec une plateforme légèrement remodelée afin de mettre l’accent sur la mise en relation du chauffeur avec le client, seule activité dont Lymo est responsable. «Une fois cette phase terminée, le code couleur de l’application changera, le logo Lymo disparaîtra et le compte chauffeur apparaîtra», souligne Alex Sabbag.(ats)





 
 
 
 

AGEFI

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