La start-up Cutiss et le CSEM veulent révolutionner la greffe de peau

lundi, 19.08.2019

La start-up zurichoise Cutiss s’associe au CSEM pour développer une machine permettant de réaliser des greffes de peau personnalisées. Le projet est soutenu par Innosuisse.

SG

Grâce à la bio-ingénierie, Cutiss veut proposer une alternative aux traitements par autogreffe. ©Frank Brüderli

Le spin-off de l’Université de Zurich Cutiss et le CSEM travaillent au développement de la toute première machine permettant la production automatisée de greffons cultivés à partir de la peau du patient. Baptisé denovoCast, le projet d'une durée de 18 mois vient de recevoir le soutien d’Innosuisse pour un montant de 826'000 francs.

Grâce à la bio-ingénierie, Cutiss veut proposer une alternative aux traitements par autogreffe, à savoir une peau artificielle personnalisée et permanente qui ne laissera qu'une cicatrice minimale après la greffe, indiquent le CSEM et la start-up dans un communiqué.

Améliorer la qualité de vie des patients

Cette nouvelle technologie, qui fait actuellement l’objet d’un essai clinique de phase II, pourrait révolutionner les greffes de peau dont ont besoin chaque année 50 millions de personnes en raison de brûlures graves ou d’autres lésions cutanées.

«Aujourd’hui, il n’existe aucune solution automatisée d’ingénierie tissulaire. La technologie de pointe à laquelle nous travaillons a le potentiel d'améliorer considérablement la qualité de vie de millions de patients qui souffrent de défauts de peau», explique Vincent Revol qui dirige l'équipe du CSEM travaillant sur le projet denovoCast. Le chercheur relève également qu’une telle innovation pourrait à terme aussi servir d’autres processus d'ingénierie tissulaire, par exemple pour la cornée ou les muqueuses.

Le principe de la technologie: une biopsie est réalisée pour prélever un échantillon de la peau saine du patient. Avec cet échantillon de la taille d’un timbre-poste, Cutiss va fabriquer plusieurs greffons denovoSkin, des greffons revêtant des caractéristiques biologiques entièrement compatibles avec le patient.

 A ce jour manuelle, la production est opérée sur le site de Wyss Zurich. La start-up zurichoise veut maintenant automatiser le processus afin de minimiser les coûts et augmenter la stabilité et le niveau de production. Le projet vise à trouver une approche avant-gardiste pour automatiser le processus de bio-ingénierie tout en préservant la qualité des tissus. Un défi pour lequel les compétences pointues du CSEM en matière d’automatisation et de bio-ingénierie seront précieuses.

«Nous voulons être présents dans le monde entier"

Le marché mondial du traitement des brûlures est estimé à au moins un milliard de francs. «Nous voulons être présents dans le monde entier, en assurant une production personnalisée de greffes de peau aussi proche que possible du patient. Pour pouvoir décentraliser la fabrication, nous avons besoin d'un processus automatisé, rapide, robuste, standardisé et facilement transférable. La machine que le CSEM va développer vise à nous rapprocher de cet objectif», explique Daniela Marino, CEO de Cuttis.

Fabriquée en Suisse, la future machine sera installée sur plusieurs sites de production, en commençant par Zurich. Elle doit nécessiter un minimum d'interventions humaines. «Le principal défi sera de conjuguer production à grande échelle, rentabilité commerciale et rapidité car les grands brûlés ont besoin très vite d’une greffe», explique Vincent Revol. «Une partie de notre équipe travaille sur l'automatisation et la manipulation des liquides, et une autre sur le dispositif médical pour la culture de la peau avant la transmission aux chirurgiens.»

La startup Cutiss qui emploie actuellement 19 personnes, s’est distinguée à de nombreuses reprises en remportant plusieurs prix et le soutien d’importants investisseurs. Depuis sa création en 2017, l'entreprise a obtenu un financement de 17 millions de francs. 





 
 
 
 

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