Affaire Novartis: levée de l'immunité pour un parlementaire grec

samedi, 20.04.2019

Andréas Loverdos, député socialiste et ancien ministre de la Santé, est soupçonné d'avoir touché des pots-de-vin dans le cadre de l'affaire Novartis.

Andréas Loverdos est soupçonné d'avoir touché des pots-de-vin, dont le montant s'élèverait à 200.000 euros, selon une source judiciaire. (Keystone)

Le Parlement grec a voté vendredi la levée de l'immunité parlementaire d'un député et ancien ministre socialiste dans le cadre d'une enquête judiciaire sur le versement présumé de pots-de-vin par le groupe pharmaceutique suisse Novartis à des responsables politiques.

Plus de 200 députés sur les 214 présents de tous les partis parlementaires, allant de la gauche au pouvoir Syriza à l'opposition de droite ou socialiste, ont voté en faveur de la levée de l'immunité d'Andréas Loverdos, député socialiste et ancien ministre de la Santé (2010-2012), selon une source parlementaire.

Selon l'enquête judiciaire ouverte en mai dernier sur l'affaire Novartis, Andréas Loverdos est soupçonné d'avoir touché des pots-de-vin, dont le montant s'élèverait à 200.000 euros, selon une source judiciaire.

"Je vais écraser les conspirateurs, c'est une machination politique", a martelé Andréas Loverdos devant l'Assemblée, en appelant les députés à voter pour la levée de son immunité parlementaire pour qu'"il puisse prouver le complot" contre lui.

Andréas Loverdos accuse le gouvernement de gauche au pouvoir d'Alexis Tsipras de vouloir ternir son image ainsi que celle de son parti Mouvement de changement (Kinal) en vue des élections européennes fin mai et des législatives en octobre.

Au total une dizaine d'anciens chefs du gouvernement et ministres, désignés par des témoins protégés dans une enquête pour l'essentiel américaine, avaient initialement été cités pendant l'instruction de cette affaire.

Mais selon les conclusions de l'enquête, aucun élément incriminant n'a été trouvé pour quatre d'entre eux alors que les six autres personnalités politiques intéressent toujours la justice.

Novartis est soupçonné d'avoir versé entre 2006 et 2015 des pots-de-vin à des responsables politiques et à des médecins pour acquérir une position dominante sur le marché grec et écouler des médicaments à prix élevés alors même que des alternatives meilleur marché étaient disponibles.

Les pertes pour les caisses publiques grecques sont évaluées à quelque 3 milliards d'euros.

Ayant déjà payé des millions de dollars aux Etats-Unis, en Chine et en Corée du Sud après sa condamnation dans des affaires de corruption, Novartis a assuré coopérer avec les autorités américaines et grecques dans cette affaire et mener un audit interne. (awp)





 
 
 
 

AGEFI

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