Les secrets d’une bonne présentation

mercredi, 24.04.2019

Céline Renaud*

Céline Renaud

Réussir une bonne présentation se résume pour moi à cinq points clés, à savoir: une introduction choc, la préparation de l’environnement, bien se préparer (physiquement et mentalement), une histoire qui fonctionne et surtout s’amuser! Une attitude qui rayonne, qui transmet la joie d’être sur scène et de partager un message modifie complètement la perception que nous pouvons avoir d’un orateur. Et cela se prépare…

Cet aspect important débute par d’abord avec une bonne préparation physique qui comprend aussi bien l’échauffement de notre corps et de notre voix. Cela se fait par des exercices de respiration, de méditation, de concentration voire spirituels. Sauter sur place et faire des étirements même dans les toilettes si aucun endroit discret n’est disponible, est vital. Se chauffer la voix avant l’intervention avec des exercices des syllabes chantées ou encore de diction notamment l’histoire du «chasseur sachant chasser sans son chien de chasse» sont très utiles. J’observe souvent des intervenants qui sont enfin chauds… seulement à la fin de leur intervention alors que les trois premières secondes sont les plus importantes!

La préparation de l’environnement est vitale. Si nous avons la possibilité de réorganiser l’espace, il est impératif de positionner le public avec des chaises serrées, en théâtre, en un groupe compact pour éviter d’avoir deux groupes devant soi auxquels nous nous adressons l’un après l’autre. Il faut également déjouer le fait d’avoir une porte sur scène qui détourne l’attention, ou au pire encore un miroir. Il m’est arrivé un jour juste avant une conférence au Lausanne Palace de faire déplacer toutes les chaises. En effet, elles étaient toutes orientées contre un mur entier fait de miroirs. Imaginez-vous en train de parler alors que tout le monde se voit, ils se font des grimaces et se regardent les uns les autres. Vous n’aurez aucune attention et la catastrophe est garantie. Aérer l’endroit avant l’intervention puis penser à fermer les fenêtres pour éviter les éléments perturbateurs de son extérieur est primordial pour la bonne concentration du public.

Avoir un bon sujet est essentiel bien sûr. L’histoire doit coller. Et il faut pour cela un problème. Sans problème, pas d’histoire! Il faut de la tension pour tenir l’auditeur en haleine. Il s’agit par exemple d’histoires d’inventeurs qui ont vaincu un problème. On parle alors d’intrigue de créativité: un individu fait une découverte révolutionnaire et ce genre d’histoires nous donnent envie d’innover, de faire différemment, de trouver de nouvelles approches. Il y a aussi les intrigues de lien, sur la relation à autrui, avec de l’amitié, de l’amour, de la fraternité ou de la compassion. Ce genre d’histoires nous inspirent au niveau relationnel. Ce qui fonctionne très bien également, ce sont les intrigues de défi: le protagoniste triomphe d’un défi formidable et l’emporte. Ce genre d’histoires nous donnent envie d’agir.

L’introduction doit faire un effet «wouahh!». Au lieu de commencer par son nom, inverser l’ordre des choses et commencer par l’anecdote ou l’intro choc et se présenter ensuite ce qui donne un double effet intéressant: cela capte l’attention et le public est ensuite plus à même d’écouter le nom de l’intervenant et de s’en souvenir.

Pour bien réussir son intervention, ne pas oublier de rajouter quelques ingrédients incontournables: de l’inattendu, du sens, de la simplicité, des émotions, de l’action (ne pas se perdre dans de longues descriptions inutiles) et surtout de l’humour! Avec l’humour, nous pouvons tout dire.

* CEO et fondatrice, JMC Lutherie





 
 
 

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