Divertir pour apprendre ou apprendre en se divertissant?

jeudi, 16.01.2020

Jean-Marc Tassetto*

Jean-Marc Tassetto

Le temps est une ressource rare. Frontière mince voire floue entre vies professionnelles et personnelles, sollicitations constantes, temps d’attention qui se réduit... Selon une étude de Josh Bersin pour Deloitte, qui décrit un apprenant d’aujourd’hui en entreprise, 2/3 des personnes interrogées se plaignent de ne pas avoir le temps de faire leur travail. Difficile alors d’imaginer qu’elles trouveront du temps pour se former en plus de leur travail...

La formation digitale, de par ses principes de massification, d’ubiquité, de rapidité de diffusion, peut aider. Mais ce n’est pas assez pour que vous et moi nous formions tous les jours de manière assidue. Les taux d’engagement (cet indicateur qui témoigne de la venue des collaborateurs sur la plateforme, et de l’intérêt porté pour les cours et les thèmes) sur les plateformes digitales sont historiquement bas. Engager les apprenants, garantir l’activité et des taux de complétion de cours élevés ainsi qu’une satisfaction de l’utilisateur permanente (suivie par le Net Promoter Score, ou NPS) restent des défis. 

Comment, alors, faire grimper ces indicateurs tout en gardant en tête que le temps nous manque et que la formation reste la plupart du temps imposée? Pour y répondre, partons d’un constat simple: qu’est-ce que vous, nous, moi allons faire régulièrement quand nous avons du temps libre? Nous nous divertissons! 

Prendre le sujet dans le bon sens 

Une façon de résoudre le problème du temps tout en délivrant de l’apprentissage, c’est de regarder du côté de Netflix, de Disney, de Fortnite, de l’entertainment. D’aborder le sujet dans le bon sens: il ne s’agit plus d’ajouter des fonctionnalités ludiques et engageantes plaquées sur un protocole ennuyeux mais bien de partir d’un format engageant et d’y ajouter de l’apprentissage.

De Jean Piaget à Donald Winnicott, de Mélanie Klein à Anna Freud, les psychanalystes, psychologues et pédagogues reconnaissent l’importance et l’impact du jeu dans les processus d’apprentissage. L’entertainment semble alors être le bon format, engageant, ludique et divertissant, pour y ajouter de l’apprentissage. 

Vous avez aimé Bandersnatch, l’épisode de Black Mirror interactif à choix multiples et aux fins variées sur Netflix? Alors, sur le même format, pourquoi ne pas faire un épisode de cours mettant en scène un entretien de recrutement, où le choix des réponses est laissé libre, avec des alternatives différentes, tout en enseignant comment bien conduire un entretien?

Vous réalisez des escape games lors de vos événements d’entreprise, ces jeux d’évasion grandeur nature au succès grandissant? Nous en avons développé un digital qui permet de mieux connaître la plateforme et le contenu chez Coorpacademy. Et les chiffres d’engagement ont prouvé que c’était une grande réussite! 

Éviter la dimension de jeu pur

L’entertainment créé des habitudes, une dynamique collaborative, les moteurs de recommandation apportent une dimension communautaire: il apparaît très clairement que le jeu - et ce n’est pas nouveau - est un allié très puissant de l’éducation. Selon l’étude l’«Avenir de l’Entertainment» d’Havas et Cannes Lion publiée en mai 2019, à la question «Quel secteur devrait être amélioré par l’entertainment», 62% des sondés proposent l’éducation. Et, à la question «Qu’est-ce que doit faire l’entertainment?», 88% des sondés répondent «éduquer et habiliter les gens.» 

Au fond, il s’agit de réappliquer à l’expérience digitale ce que les scientifiques et les pédagogues connaissent déjà. Tout en évitant la dimension de jeu pur qui n’inculquerait aucune notion. Divertissement et apprentissage peuvent et doivent travailler ensemble. Alors rêvons d’un cours dont un apprenant louera les mérites à la machine à café, comme pour ce film passionnant regardé la veille...

* Co-Founder, Coorpacademy





 
 
 

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