Demain la ville: le pouvoir des données

mardi, 18.06.2019

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

La révolution actuelle du digital se caractérise par l’importance des données. Qu’elles soient structurées ou non, les données deviennent une grosse composante de toutes entités étatiques, non seulement parce qu’elles sont créées en très grand nombre mais surtout parce que l’on dispose aujourd’hui, d’outils permettant d’effectuer des analyses signifiantes en termes de qualités prédictives. En quelque sorte, les données commencent à «parler» et ceux qui sauront le mieux et le plus vite les écouter et les exploiter dans leurs modèles d’affaires seront les grands gagnants.

Pour bien comprendre ce phénomène, il est nécessaire de s’attarder quelque peu sur deux éléments forts qui ont fait changer notre rapport aux données: Le big data et le data driven.

Les données au centre de la vie citoyenne

Le big data, c’est ce déluge d’informations (de données non-structurées) dont parlait The Economist il y a déjà quelques années (25 février 2010). En peu de temps, nous avons collecté et stocké plus de 90% de l’ensemble des données jamais produites dans l’histoire humaine. Inimaginable. C’est ce que l’on appelle les big data!

Les on-line data, les blogs, les tweets, les news, les notifications, les données de géolocalisation, de consommation d’électricité, de tracking d’activités, de diagnostic santé ou quantified self et de e-commerce. Cela est sans fin...on collecte tout. On produit toujours plus de données et nous ne sommes qu’au début du processus, car l’Internet des Objets va engendrer encore plus de données notamment celles qui seront produites entre robots, entre bots et autres algorithmes. Bref, comment tirer profit de cet amoncellement de données de base? Pouvons-nous apprendre quelque chose de ces données? Y a-t-il des caractéristiques intrinsèques (pattern) propres aux données qui pourraient servir la science, la gouvernance, la médecine, l’économie? C’est ce que le data scientist, le data analytic ou le data mining essaient de découvrir.

Plus encore que le stock de données, c’est sûrement dans la lecture de celles-ci que des renseignements précieux vont nous parvenir! Si nous pouvions apprendre quelque chose sur l’avenir en lisant et interprétant le flot de données, alors nous parviendrions à un nouveau niveau dans le calcul des prévisions.

Le data driven est justement cette démarche empirique et pragmatique qui se base sur les flots de données pour la gestion des systèmes d’information, des organismes étatiques, non-étatiques ou des entreprises. Ainsi la société digitale est d’abord caractérisée par les données, puis par les algorithmes de traitement de celles-ci. Dans les phases précédentes de mécanisation, d’automatisation et de robotisation des tâches humaines, on demandait aux machines de réaliser automatiquement certains gestes et travaux que l’homme effectuait auparavant. Ici, au contraire, on évoque quelque chose de plus abstrait: la donnée. Quelles soient structurées ou non, les données doivent être collectées et surtout être traitées si possible en temps réel et en continu aussi.

Dès lors et même si ces dernières sont finalement stockées dans de grandes bases de données (big data), les données, tout comme les données non structurées vont composer une sorte de flux continu qu’il devrait être possible de comprendre instantanément à condition de disposer des outils adéquats.

Aujourd’hui, ces outils modernes d’analyses existent (notamment les algorithmes de l’IA) et permettent d’interpréter quasiment en temps réel ce flux de données ou d’informations en améliorant ainsi considérablement les processus des organismes étatiques. 

La ville devient «smart» et le citoyen observé.

* Mathématicien





 
 
 

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