Dans la tête de Theresa May

mercredi, 30.01.2019

Céline Renaud*

Céline Renaud

Avec les nombreux articles parus sur le sujet dans tous les médias, je suis avec attention tous les événements qui touchent au Royaume-Uni en ce moment sur le Brexit ou le Remain, le «deal» ou le «no deal». Je pensais tout particulièrement à Teresa May avant le vote de confiance. Qu’est-ce qui se passait dans sa tête en ces moments? Comment aborde-t-elle ces rebondissements? Et surtout à la fin de ses journées, quand elle a refermé la porte derrière elle, que se passe-t-il alors? J’aimerais être une mouche pour pouvoir comprendre et savoir ce qu’elle ressent et comment elle gère toute cette pression.

D’abord, il ne faut pas oublier qu’elle est très anglaise, extrêmement british. Elle ne montre donc pas ses sentiments, elle est dans l’analyse, avec une certaine distance. En plus, c’est une femme, donc normalement elle fonctionne différemment que ses congénères masculins, elle voit les liens d’abord. Comment a-t-elle fait pour supporter toutes ces crises et pour être dans une place impossible? Elle a été propulsée au poste de première ministre pour s’occuper du retrait du   Royaume-Uni et, pourtant, elle a tous ses membres du Parlement sur le dos qui retournent leurs vestes, certes très élégantes, au gré des journées qui s’écoulent. Cela nous arrive parfois également dans nos entreprises. Nous devons mettre en place des décisions approuvées par le conseil d’administration et dont certaines sont remises en question par la suite par des membres qui nous demandent pourquoi nous le faisons avec en plus, des employés qui vont réagir encore différemment comme le ferait la gauche avec qui Theresa May doit composer...

Alors, derrière sa porte close, le soir venu, est-ce qu’elle crie, est-ce qu’elle exprime sa frustration et sa rage? Ou est-ce que son mari lui dit des mots apaisants et la prend dans ses bras? Ou alors est-ce que peut-être comme vous et moi, elle doit encore gérer sa non-présence à la maison, le fait qu’elle ne lui ait pas servi son thé à 18 heures? Philip May n’est pas ce genre d’homme. Et on dit de lui, qu’il est le plus fidèle conseiller de Theresa May.

De sa vie privée, il ne filtre pas grand-chose. À part qu’elle va s’injecter de l’insuline cinq fois par jour pour faire face à son diabète et ce faisant, inspirer les gens vivant avec une maladie à ne pas limiter leurs aspirations. Les gens vivant avec le diabète sont très endurants et doivent vivre avec la routine dont ils sont dépendants, c’est une question de vie ou de mort. Il est dit qu’elle aime beaucoup marcher et particulièrement dans les Alpes suisses. C’est peut-être la force de ces montagnes ainsi que l’endurance et la survie de ses habitants qui l’attire tant chez nous?

Dans tous les cas, prendre de la distance est le maître mot. Dans nos crises en entreprise, c’est un peu la même chose. Prendre de la distance et du recul. Se poser la question de savoir s’il s’agit vraiment d’une crise? Ou simplement d’une accélération des mouvements et des événements? Dans tous les cas, je repense à la crise que doit gérer Theresa May et je me dis que les miennes sont finalement extrêmement simples...

* CEO et fondatrice, JMC Lutherie





 
 
 

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