Après la fintech voilà l’insurtech!

mardi, 14.05.2019

Xavier Comtesse* et Valérie Hérisson**

Xavier Comtesse

Le secteur de l’assurance change. Des start-up comme Oscar (New York) ou encore les GAFA comme Amazon (Seattle) dictent le jeu de la transformation. Pascal Marmier de Swiss Re et Evelyn Lager (Babson College) en ont fait une démonstration éblouissante début avril à la Swissnex de Boston devant un parterre d’entrepreneurs suisses romands.

Intrigué par leurs propos, on a essayé d’en savoir plus en les questionnant - en catimini- sur les plans d’Amazon dans le domaine de l’assurance. Voilà ce qu’il faut retenir:

D’abord, Amazon, le géant du commerce de détail qui a déjà transformé la façon dont les commerçants du monde entier fonctionnent, porte maintenant ses efforts dans l’industrie de la santé. En lançant Haven, l’entité d’assurance du groupe formé par JPMorgan, Berkshire Hathaway et Amazon, il force toutes les grandes entreprises américaines du secteur à bouger.

Ainsi CVS et Aetna ont fusionné, signalant le début des grandes manœuvre, des changements majeurs dans la façon dont les Américains achèteront à l’avenir des médicaments mais aussi comment ils seront traités face à la maladie sont désormais à prévoir. En effet, cette nouvelle entité est susceptible de commencer à offrir des services de soins primaires et des suivis médicaux directement à partir de ses pharmacies et des «walk-in» cliniques sans rendez-vous (en Suisse l’équivalent c’est Medbase de Migros).

Cette affaire semble être une conséquence directe du penchant d’Amazon pour la perturbation des modèles économiques. Les analystes estiment que CVS a raflé Aetna pour rester compétitif face à Amazon, qui a fait plusieurs démarches cette année pour faire face à la concurrence des compagnies pharmaceutiques.

La chaîne d’information CNBC a rapporté que l’entreprise de Seattle cherchait à embaucher un directeur général pour développer une stratégie pour entrer dans le secteur pharmaceutique. C’est chose faite, il s’appelle Atul Gawande. Puis le mot s’est répandu qu’Amazon avait acquis des licences de pharmacie dans une douzaine d’Etats. C’est chose faite, Amazon a acheté PillPack la plus grosse compagnie de vente en ligne de produits pharmaceutiques.

Une industrie très nerveuse

La compagnie a dit qu’elle l’a fait pour vendre des fournitures médicales, mais le mouvement positionne Amazon pour vendre des médicaments «on-line», au cas où. Des rapports ont circulé qu’Amazon avait tenu des discussions préliminaires avec les fabricants de médicaments génériques (Mylan et Sandoz). Mais, on ne sait pas si Amazon est intéressé à vendre des médicaments aux consommateurs ou à agir en tant que grossiste en médicaments.

De toute façon, les actions récentes de l’entreprise de Seattle ont rendu l’industrie de la pharmacie nerveuse, très nerveuse. «CVS ne l’admettra jamais, mais c’est ce genre de pivot qu’Amazon fait», a déclaré Trip Miller, associé gérant de Gullane Capital Partners, un actionnaire minoritaire d’Amazon, à The Street. «Ce qu’ils font maintenant est définitivement basé sur le seul intérêt d’Amazon.» Le fait que CVS ait acheté Aetna sans avoir une idée claire des plans d’Amazon est un témoignage de la réputation du géant de la technologie qui secoue des industries allant des livres aux vêtements, en passant par la télévision et l’épicerie.

Les acteurs de l’industrie savent  que, quand Amazon envisage une nouvelle activité, ceux qui attendent trop pour réagir vont se retrouver en mauvaise position.

* Mathématicien
** Chappuis Halder & Cie





 
 
 

AGEFI

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