ChemChina entre au capital de Mercuria

lundi, 18.01.2016

A l'origine de cette transaction: des complémentarités sur le pétrole, le raffinage et les produits chimiques, mais aussi un fort appétit d'acquisition de la part de la société d'Etat chinoise dont l'accord pour la reprise de Syngenta semble se confirmer.

Déjà en 2013, les fondateurs de Mercuria, Marco Dunand (photo) et Daniel Jaeggi, déclaraient examiner des entités prêtes à investir dans la société.

C'est fait. Le groupe Mercuria Energy a ouvert son capital. ChemChina (China National Chemical Corp.), premier groupe chinois de pétrochimie, prend une participation de 12% dans la maison de négoce suisse. A l'origine de cette transaction, des complémentarités évidentes sur le pétrole, le raffinage et les produits chimiques, mais aussi un fort appétit d'acquisition de la part de la société d'Etat chinoise dont l'accord pour la reprise de Syngenta se confirme dans le sillage du rachat du groupe italien Pirelli pour  7,1 milliards de dollars en fin d'année dernière et de celui, la semaine dernière,  du fabricant de machines-outils allemand Krauss-Maffei pour 925 million d'euros.  ChemChina n'en est pas à des coups d'essai. En 2011, il reprenait le fabricant norvégien de silicone Elkem pour 902 millions de dollars et en 2006 le spécialiste français de la nutrition animale Adisseo.  

Le cas de Mercuria est assez différent. Il ne s'agit ici que d'une participation minoritaire, sans dilution du capital.  Aucune présence de ChemChina au conseil d'administration de Mercuria n'est envisagée ni aucune modification de la direction actuelle du négociant en énergie. Pas d'exclusivité marketing non plus mais un partenariat qui ouvrira encore davantage les portes de la Chine au groupe suisse et l'expertise internationale des Suisses aux Chinois.  Quant au montant de la transaction, il ne sera pas divulgué. 

Si ChemChina n'est pas novice en Europe, Mercuria ne l'est pas non plus en Chine. En début de mois, le groupe suisse s'associait  avec la plus grande entreprise chinoise d'entreposage, China Materials Storage and Transportation Development Company (CMSTD), pour l'expansion de Henry Bath (L'Agefi du 6 janvier). Mercuria ouvrait alors la voie à une collaboration renforcée avec ses partenaires chinois dans un secteur stratégique en Asie. Dans le cas de ChemChina, les deux sociétés collaborent depuis longtemps et les pourparlers se sont étagés sur près de deux ans. Déjà en 2013, les fondateurs de Mercuria, Marco Dunand et Daniel Jaeggi, déclaraient examiner des entités prêtes à investir.  Une intention qui se concrétise aujourd'hui dans un climat plus porteur qu'on ne l'imagine car, si le cours du pétrole s'est effondré en raison d'une offre excédentaire, la demande continue à évoluer à la hausse, à raison de 1 à 1,5 million de barils/jour supplémentaires.-(NJN)





 
 
 
 

AGEFI

Rafraîchir cache: Ctrl+F5 ou Wiki



...