Les affaires de commissions des banques près du rebond

lundi, 17.07.2017

L’amélioration de près de 7% enregistrée dans ce métier par la banque Migros au premier semestre 2017 devrait s’inscrire dans le cadre d’une évolution stable pour le secteur. Après une année 2016 marquée par un record de passivité de la clientèle en gestion privée.

Piotr Kaczor

L’évolution favorable des affaires de commissions et de services a été portée par une forte augmentation, soit de 15%, du nombre de mandats de gestion. (Keystone)

Après une évolution décevante du résultat des affaires de commissions des banques suisses actives sur le marché domestique au premier semestre 2016, le tableau présenté au deuxième semestre tendait à montrer que cette évolution générale déclinante avait pu être stoppée. Reste que sur l’ensemble de l’année 2016, le résultat de ce métier s’est encore souvent inscrit en net recul (BCV et BC de St-Gall: - 7%, BCGE: - 1%, mais +8,9% pour la BC de Zurich et +2% pour la BC de Fribourg). Dans quelle mesure l’amélioration de 6,9% enregistrée au premier semestre 2017 par la Banque Migros, dans les affaires de commissions (après une évolution déjà légèrement positive en 2016, soit de 1,6%), préfigure-t-elle ou reflète-t-elle l’évolution de l’ensemble du secteur de la gestion privée? Analyste à la Banque Cantonale de Zurich, Michael Kunz table quant à lui sur une évolution générale stable du résultat des affaires de commissions au premier semestre. Une évolution qui, à son gré, devrait certes varier selon les établissements et l’importance accrue que ceux-ci auront pu accorder aux mandats de gestion. Car pour ce qui concerne l’autre facteur qui a fortement pesé sur les marges jusqu’ici, le niveau d’activité de la clientèle, «cette dernière n’a jamais été aussi passive que l’an dernier» ne manque pas de rappeler le spécialiste.

Dans le communiqué diffusé vendredi, la Banque Migros ne cache d’ailleurs pas que l’évolution favorable des affaires de commissions et de services a été portée par une forte augmentation, soit de 15%, du nombre de mandats de gestion. Alors que la gamme de fonds de placement a été étoffée: pour chaque stratégie d’investissement, la banque Migros offre en effet désormais un fonds traditionnel et un fonds durable, ce qui permet à celle-ci de se targuer de proposer l’une des offres de fond stratégiques durables les plus complètes et les plus vastes de Suisse. Une innovation qui a eu pour effet d’étoffer le volume de ses fonds de près de 13%. Dans le cadre d’un premier semestre qui s’est soldé par un bénéfice en progression de 3% à 111,8 millions de francs. Alors que les affaires portant intérêts, qui génèrent plus des trois quarts des revenus du groupe, ont enregistré un résultat stable (+0,1%). Et que dans l’ensemble, la banque a légèrement amélioré son coefficient d’efficacité opérationnelle à 46% (coûts/revenus, contre 47% en 2016). En clair: s’il est trop tôt pour interpréter la nette amélioration enregistrée par la Banque Migros dans les affaires de commissions comme un indicateur pour l’ensemble du secteur de la gestion privée, les mesures prises par la banque dans ce métier vont dans le sens de celles annoncées par nombre d’autres établissements pour endiguer l’érosion des marges et de la croissance. Du moins pour les banques de détail - les banques cantonales en particulier - qui disposent de la taille suffisante pour développer un pôle de gestion privée susceptible de diversifier favorablement l’exposition dominante de cette catégorie de banques aux affaires d’intérêts. Dans ce contexte, la Banque Cantonale Neuchâteloise a elle aussi annoncé vendredi une amélioration du résultat de ses affaires de commissions et de services au premier semestre 2017, soit de 1,8%, après un déclin de celui-ci de -6,7% en 2016.


 

 


...