EasyJet fait son nid en Europe

vendredi, 14.07.2017

La compagnie aérienne crée une nouvelle entité. EasyJet Europe permettra de continuer de voler sans entrave dans l'Union européenne après le Brexit.

La nouvelle compagnie constituera une filiale de l'entreprise basée au Royaume-Uni, mais disposera d'une autonomie complète. (Keystone)

EasyJet va créer une nouvelle compagnie aérienne, EasyJet Europe, qui sera basée à Vienne et permettra à l'entreprise britannique de continuer à voler sans entrave dans l'Union européenne après le Brexit.

En sortant de l'UE en mars 2019, le Royaume-Uni pourrait en effet sortir aussi du ciel unique européen, un accord qui permet aux compagnies basées dans les pays concernés de voler sans entrave à travers toute l'Europe.

Sitôt connue la décision des Britanniques de quitter l'UE, lors du référendum du 23 juin 2016, EasyJet avait fait savoir qu'elle chercherait à obtenir un certificat de transporteur aérien (CTA) dans un autre pays de l'UE.

Dans le communiqué diffusé vendredi, l'entreprise annonce «avoir soumis plus tôt cette année une candidature auprès d'Austro Control pour l'obtention d'un CTA et auprès du ministère fédéral autrichien des Transports, de l'Innovation et de la Technologie pour l'obtention d'une licence de transporteur aérien».

«La procédure d'accréditation est à présent bien avancée et EasyJet espère obtenir le CTA et la licence dans un futur proche. Ceci permettra d'établir une nouvelle compagnie EasyJet Europe», a poursuivi l'entreprise au logo orange et blanc.

Cette nouvelle compagnie constituera une filiale de l'entreprise basée au Royaume-Uni, mais disposera d'une autonomie complète.

«Le siège sera établi à Vienne et permettra à la compagnie de continuer à voler à la fois à travers l'Europe et en domestique au sein de pays européens, une fois que le Royaume-Uni aura quitté l'Union européenne - quoi qu'il advienne des discussions sur le futur accord aérien entre le Royaume-Uni et l'Union européenne», a expliqué EasyJet.

L'entreprise, qui n'a pas fourni de calendrier, a souligné qu'aucun de ses 6.000 emplois au Royaume-Uni ne serait transféré vers l'Autriche.

L'entité principale d'EasyJet, qui reste à Luton, sera chargée de l'exploitation des quelque 140 avions basés au Royaume-Uni, qui serviront pour des liaisons entre ce pays et l'UE ou des pays non-européens.

EasyJet Europe exploitera pour sa part une centaine d'appareils, en s'appuyant sur ses 4.000 membres d'équipage postés dans l'Union européenne.

EasyJet plc, la maison-mère basée au Royaume-Uni, aura donc désormais sous son égide trois compagnies: EasyJet, basée à Luton dans le nord de Londres, EasyJet Europe à Vienne et EasyJet Switzerland, une entité déjà existante installée à Genève et forte de 25 appareils et 950 salariés.

«Cette nouvelle structure signifie qu'EasyJet devient effectivement un groupe aérien pan européen», a souligné EasyJet, qui a évoqué aussi la «création d'un certain nombre d'emplois en Autriche».

Le chancelier autrichien, Christian Kern, a salué pour sa part une «formidable nouvelle pour l'Autriche».

«La qualité a battu la course au dumping salarial dans les 27 autres pays européens. Le meilleur l'a emporté sur le moins cher. Cela montre qu'une économie solide a besoin d'un Etat fort pour l'appuyer», a-t-il déclaré, dans des propos rapportés par l'agence de presse autrichienne APA.

Protégée de toute mauvaise surprise avec cette nouvelle organisation, EasyJet a ajouté néanmoins qu'elle continuerait de faire pression sur les autorités britanniques et européennes afin qu'elles parviennent à un accord «garantissant des vols entre le Royaume-Uni et l'Union européenne a minima».

Elle n'est pas la seule à s'inquiéter des conditions du trafic aérien entre le Royaume-Uni et le continent après le Brexit. Sa concurrente «low cost», l'irlandaise Ryanair, devenue la première compagnie européenne, agite depuis plusieurs mois le risque d'une interruption temporaire des vols entre le Royaume-Uni et l'Union européenne après le Brexit à défaut d'accord.

«La date butoir pour les compagnies aériennes, ce n'est pas mars 2019, mais septembre-octobre 2018. Nous commencerons à annuler des vols 6 mois avant», a menacé mardi son directeur général, Michael O'Leary, à Bruxelles. (awp)


 



 



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