vendredi 19 décembre 2014 // 11:04

Retour aux réalités énergétiques

mercredi, 13.03.2013

Pierre bessard

Le refus de l’initiative Cleantech, hier au Conseil national (lire page 10), peut sans doute être interprété comme un retour progressif à la raison en politique énergétique. Le Parlement n’a toutefois pas encore dit son dernier mot sur la question. Il faut encore s’attendre à la possibilité d’un contre-projet, qui semble pourtant bien inutile face à la stratégie énergétique déjà controversée du Conseil fédéral. Il est surtout rassurant que la perspective de «nouveaux emplois», avancée par les socialistes et les écologistes, grâce à la promotion de sources d’énergie inefficientes soit restée sans grand effet. A l’aide de subventions, les capacités de créer des emplois aux dépens d’autres secteurs sont bien sûr infinies: même un programme public consistant à creuser des trous pour les combler «créerait» des emplois selon cette logique. Le fait est que les énergies renouvelables sont déjà une réalité sur les marchés, mais elles ne représentent que 1,6% de la demande mondiale hors hydraulique: leur attractivité est encore négligeable. L’initiative Cleantech, comme l’ont rappelé hier les parlementaires issus de l’industrie, est plutôt susceptible de détruire des emplois en renchérissant le coût de l’énergie et en pénalisant les entreprises.

Cette approche est d’autant plus justifiée si l’on considère qu’à l’échelle planétaire, l’usage des énergies fossiles est non seulement dominant, mais augmente beaucoup plus vite que celui des énergies renouvelables depuis le début de ce siècle. Selon le rapport énergétique du World Economic Forum publié la semaine dernière, la demande en charbon n’a en particulier jamais été aussi forte en raison de la progression des économies émergentes: elle a augmenté dix fois plus que celle des énergies renouvelables, trois fois plus que pour le pétrole et deux fois plus que pour le gaz naturel. S’y ajoute une autre réalité peu contestable: l’augmentation vertigineuse de la prospérité et de l’espérance de vie depuis la révolution industrielle repose en bonne partie sur les économies d’énergie.

Il est dans l’intérêt intrinsèque de toute entreprise de produire mieux et plus avec moins. L’erreur des politiques énergétiques actuelles consiste à penser qu’il faut revenir à de la planification pour réaliser ce qui est le fait des marchés depuis deux cents ans. Or forcer cette évolution en détruirait les fondements mêmes. Si l’initiative Cleantech ne préconise pas le retour à l’ère pré-électrique, le zèle qui entoure ses objectifs ne doit pas faire perdre de vue ces relations.n

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