jeudi 18 décembre 2014 // 12:27

Le logement vaut bien un dialogue

jeudi, 16.05.2013

Pierre Bessard

La volonté de non-intervention du Conseil fédéral sur le marché immobilier (lire page 8) est une bonne nouvelle pour tous ceux qui se soucient d’une offre adéquate et abordable de logements. Un contrôle plus intrusif des loyers et des restrictions à la rénovation (sans parler d’un subventionnement direct) aurait pour seul effet de dissuader les promoteurs et les propriétaires: un résultat opposé au but visé, comme l’a rappelé hier le ministre de l’Economie Johann Schneider-Ammann. Le marché résidentiel en Suisse répond dans l’ensemble à la demande: les résidents sont toujours plus nombreux, mais ne vivent pas plus à l’étroit. Il y a trente ans, une personne utilisait en moyenne 34 mètres carrés pour se loger, contre 50 aujourd’hui. L’accroissement de la prospérité, ainsi que la multiplication des ménages due à la divortialité élevée ou aux préférences des singles, expliquent en large partie ce trend. Et l’augmentation record de la population a tout de même été accompagnée par une hausse de 66% de la construction de logements en moyenne annuelle.

Du fait des critiques à l’endroit de la libre circulation des personnes et des risques que lui font porter plusieurs initiatives populaires, il fallait néanmoins s’attendre à ce que le gouvernement fasse «quelque chose». La voie qu’il choisit est plutôt raisonnable, puisqu’elle consiste à intensifier le dialogue avec les cantons et les communes où les logements bon marché, pour les nouveaux locataires, se font plus rares. Ce n’est pas seulement judicieux en raison de la diversité des situations dans les zones urbaines concernées, comme l’arc lémanique ou le triangle d’or autour de Zurich. Ça l’est également en raison des réglementations locales, tant du marché immobilier que de l’aménagement du territoire.

Une faible proportion de logements vides devrait précisément représenter une aubaine pour l’innovation politique de proximité: non seulement dans les villes très prisées, par exemple en construisant en hauteur ou en libéralisant en partie une «ceinture agricole» surdimensionnée, mais aussi dans les régions plus excentrées, qui seraient en mesure d’accroître leur attractivité par une décrue fiscale et la simplification des normes et des procédures. Le défi du logement doit être relevé moins en s’immisçant lourdement dans le marché immobilier qu’en défaisant certains obstacles à la construction et à la rentabilité d’objets meilleur marché. La discussion que veut engager le Conseil fédéral semble favoriser cette direction.

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