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lundi 24 novembre 2014 // 06:47

Dépenses publiques sous contrôle

jeudi, 24.01.2013

WEF. Le rapport sur les scénarios de la Fédération de Russie ne tient pas compte de la nouvelle règle adoptée pour le budget 2013

Nicolette de joncaire davos

Présenté en séance plénière hier matin au Forum de Davos, en présence du premier ministre, Dmitry Medvedev, la publication du World Forum sur les Scénarios pour la Fédération de Russie* se montre alarmante sur nombre de points, en particulier sur l’équilibre budgétaire du pays. Pourtant, comme l’a brièvement expliqué Dmitry Medvedev dans son discours, les autorités russes ont déjà pris les devants et les perspectives publiées par VTB Capital**, filiale de l’une des banques les plus importantes de la Fédération, attirent l’attention sur des mesures que le document du WEF n’évoque pas.

Le rapport du WEF souligne, à juste titre, qu’en s’ajustant à la dynamique du prix de l’énergie au cours des six dernières années, les dépenses publiques ont explosé et que l’équilibre budgétaire de la Russie s’est considérablement fragilisé. La complexité du futur équilibre énergétique mondial, bouleversé par le développement de l’exploitation des schistes bitumineux aux Etats-Unis (et potentiellement en Chine et dans d’autres contrées), serait donc susceptible de créer un climat d’incertitude menaçant sur les perspectives de revenus de la Fédération et sur son déficit budgétaire.

C’est ne pas tenir compte des initiatives que les autorités russes ont prises récemment.

VTB Capital estime que la nouvelle règle budgétaire adoptée en fin d’année dernière - et qui n’est nulle part mentionnée dans le rapport du WEF - devrait mettre un frein aux déséquilibres des comptes.

Selon cette règle, le montant maximal des dépenses du gouvernement doit être limité aux revenus anticipés dérivant des recettes sur le pétrole et le gaz - calculés sur la moyenne des cours du pétrole à long terme ou à moyen terme (la valeur la plus basse sera retenue) - auxquelles seront ajoutées les prévisions de recettes non pétrolières et un montant de 1% du PIB. Cela signifie que si les prix du pétrole subissent une forte augmentation au cours d’une année donnée, l’expansion des dépenses budgétaires sera contenue, et seuls les changements structurels des niveaux de prix du pétrole (à la hausse ou à la baisse) permettront une modification significative des dépenses publiques.

VTB estime toutefois qu’il manque un élément d’ajustement contre-cyclique à cette règle qui pourrait être pondérée par un ajustement du GDP non associé à l’énergie ou par un coefficient appliqué à l’écart de production (output gap) afin de réagir plus agressivement aux surchauffes.

Avec la stabilisation du prix du pétrole, la règle ne permet plus aux dépenses de croître rapidement, ce qui contribuera à ce que la politique budgétaire russe passe d’une tendance procyclique à une tendance anticyclique, évitant que le seuil de rentabilité des finances publiques soit étroitement corrélé au prix du baril - ce qui avait été le cas sur la période 2007-2011 comme le souligne le rapport du WEF selon lequel ce seuil correspondait  à un cours de 34 dollars le baril en 2007 et à 117 dollars en 2012.

Selon la loi de finances qui vient d’être votée, la croissance des dépenses du gouvernement fédéral ralentira à 4,4% en glissement annuel pour 2013 (le glissement annuel 2011-2012 était de 17,3%), ce qui, compte tenu de l’inflation, signifierait une baisse en termes réels.

La dépense publique ayant prouvé être le moteur principal de l’inflation (l’augmentation des dépenses publiques de 30% en 2007-2008 avait généré une hausse des prix à la consommation de 15% mi-2008), la modération de la croissance des dépenses publiques pourrait laisser la place à un assouplissement monétaire.

Cette règle n’empêchera pas l’économie russe de reposer largement sur le secteur énergétique mais permettra au moins d’éviter une réduction rapide de ses réserves financières.  

Au-delà de la fluctuation des cours du pétrole, l’équilibre budgétaire russe est menacé par une série d’engagements vis-à-vis de la modernisation des installations militaires et l’augmentation des salaires de fonctionnaires (éducation et corps hospitaliers). Certaines de ces dépenses - dont le total est estimé à 1,5% du PIB - ont été repoussées par les autorités en conformité avec la nouvelle règle.

* Scenarios for the Russian Federation

** Russia 2013 Economic Outlook


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