dimanche 26 octobre 2014 // 06:54

Les algorithmes de trading passent à l’analyse de texte

lundi, 11.02.2013

Ces processus permettent déjà d’exploiter rapidement des rumeurs et signaux apparaissant sur les réseaux sociaux.

Christian affolter

La puissance de calcul, la vitesse des lignes de communication et les améliorations progressives des méthodes quantitatives semblent avoir épuisé le potentiel d’exploitation des données chiffrées par des formules mathématiques. Les développeurs d’algorithmes de trading visant à gagner les quelques millièmes de secondes décisifs par rapport à la concurrence concentrent aujourd’hui leurs efforts sur l’analyse automatisée des textes. L’objectif du filtrage de textes est double: capter ce que les chiffres bruts ne peuvent pas exprimer, le sentiment prévalant sur le marché, l’interprétation des résultats publiés, ou simplement les déclarations des dirigeants. Mais aussi exploiter ce qui ne sort pas (encore) sur les canaux officiels, mais se trouve déjà sous forme de rumeurs et autres fuites sur Twitter (ou d’autres réseaux sociaux).

L’ingénierie financière assortit comme d’habitude  ces algorithmes innovants de statistiques démontrant que les résultats sont corrects dans une large majorité de cas, et qu’ils permettent donc de générer de meilleures performances d’investissement. Ce qui correspond probablement à leur comportement dans un monde parfait, où ils sont les seuls à appliquer ces méthodes.

Comme on pouvait s’y attendre, les dernières innovations amènent quelques absurdités et possibilités de manipulation, qui ont d’ores et déjà été explorées (et même exploitées). Il n’a fallu que quatre secondes aux robots appliquant ces algorithmes et intervenant directement sur les marchés pour réagir à la nouvelle diffusée par l’agence Bloomberg d’une éventuelle décotation du producteur américain d’ordinateurs personnels Dell (confirmée mercredi). Le titre a bondi de 10%, avant de déclencher l’arrêt momentané du négoce en raison d’un manque d’offres.

Une réaction d’autant plus impressionnante qu’au moment de sa sortie, cette information ne s’était basée sur aucune source confirmée et n’avait apporté aucun détail quant aux éventuels acheteurs des titres en circulation.

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