jeudi 24 juillet 2014 // 06:12

Enrichissement du marketing

mardi, 09.04.2013

Nviso. L’entreprise basée à l’EPFL vient de conclure un partenariat avec le groupe américain Sands.

Yoann schenker

La start-up nViso, basée à l’EPFL, vient de conclure un partenariat avec la société américaine Sands. Sa solution de détection de reconnaissance d’expressions faciales sera en effet utilisée par ce pionnier du neuromarketing basé au Texas.

«Ce partenariat avec l’un des leaders de ce secteur est une grande opportunité pour notre entreprise», se réjouit le co-créateur d’nViso, Matteo Sorci. «D’une part, cette collaboration offre une plus grande visibilité pour notre technologie et d’autre part, elle nous permet d’accéder à un large réseaux de clients.»

Le système développé par la start-up depuis 2009 permet concrètement d’identifier l’une des six émotions de base d’un individu alors qu’il réalise un mouvement de sourcil ou d’œil par exemple. Les mouvements de la personne (filmés par une petite caméra) sont ensuite retranscrits en temps réel sur une interface qui se présente sous forme de graphique

donnant le nom et les fréquences des différentes émotions.

«Le groupe Sands et l’un des premiers acteurs à avoir utilisé des électro-encéphalogrammes dans les travaux de recherche en marketing. Or, cette technologie ne lui permet pas de quantifier les émotions des individus. La combinaison de nos deux approches offre ainsi des résultats beaucoup plus riches.» L’interaction de ces deux technologies a été testée par la société américaine dans le cadre de son étude annuelle portant sur l’impact des spots publicitaires diffusés lors du dernier Super Bowl. Les premiers résultats devraient tomber d’ici peu de temps. Pour Matteo Sorci, trois types de clients constituent actuellement la cible prioritaire de la start-up. «Nous cherchons à atteindre les grands groupes de marketing, or les petites sociétés de ce secteur, grâce à la souplesse de leur structure administrative, sont plus à même d’intégrer rapidement notre technologie. Certaines grandes marques, qui n’ont pas recours à l’outsourcing de leur activité marketing, représentent aussi une clientèle très intéressante.»

nViso, qui a également créé depuis 2010 un partenariat avec Swiss link institute, est sur le point d’officialiser d’autres projets de collaboration avec de grandes sociétés. S’agissant de l’environnement concurrentiel, trois autres acteurs proposeraient une technologie similaire, notamment une spin-off du MIT (Massachusetts Institute of Technology) de Boston.

Financée à ses débuts par une aide de la Confédération et des business angels, la start-up, comptant actuellement dix employés, est à la recherche de fonds supplémentaires. «Contrairement à une société informatique développant du hardware, nos coûts sont relativement peu importants. Ainsi nous n’avons pas un besoin de financement très élevé (Matteo Sorci ne souhaite toutefois pas communiquer le montant recherché).»

La volonté d’nViso fut au départ de se focaliser sur le secteur de la publicité et du marketing dans son ensemble, or sa technologie semble maintenant susciter un intérêt croissant de la part d’autres secteurs, notamment des jeux vidéo et plus surprenant, de la santé. La start-up a d’ailleurs débuté un projet de recherche lié à l’anesthésie générale en collaboration avec le CHUV. «L’objectif sera de proposer notre technologie aux médecins lors des consultations préopératoires. Les données extraites grâce à la modélisation du visage (la morphologie de la bouche, de la langue…) permettront à l’anesthésiste d’obtenir une classification automatique selon plusieurs catégories de patients. Il pourra ainsi ensuite plus facilement choisir la technique d’anesthésie adéquate.»n

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