mercredi 23 avril 2014 // 18:55

Lancement du malt le plus cher du monde

mercredi, 28.11.2012

Rémy Cointreau. Le groupe vient d'acquérir la distillerie écossaise de Bruichladdich.

Le groupe de vins et spiritueux Rémy Cointreau, qui a achevé un «excellent semestre» avec un bond de 83% de son bénéfice net porté par ses activités en Chine et aux Etats-Unis, poursuit son glissement vers le premium avec le lancement du malt «le plus cher du monde».

Après un bénéfice de 86,6 millions d’euros au premier semestre de son exercice décalé 2012/2013, ses responsables se sont dits optimistes pour l’ensemble de l’année en présentant mardi leurs résultats, confirmant leur objectif d’un résultat annuel en hausse «significative».

«La stratégie a payé», s’est félicité le président François Hérard Dubreuil devant la presse. Il a rappelé le choix de Rémy Cointreau de privilégier un positionnement «très haut de gamme» et de répartir ses efforts sur ses différents marchés, dont les Etats-Unis en très forte reprise.

Dans ce registre, Rémy Cointreau a acquis la distillerie de Bruichladdich fondée en 1881 sur l’île d’Islay, au large de l’Ecosse, avec la volonté d’y produire «le malt le plus cher du monde», a expliqué Jean-Marie Laborde, directeur général, exprimant une «ambition sans limite sur cette affaire», évaluée à 72,8 millions d’euros.

Entièrement produit (orge compris) et distillé sur Islay, le whisky de Bruichladdich tourne actuellement autour de 50 à 60.000 caisses par an, à 45 euros environ pour la bouteille de 12 ans d’âge (entrée de gamme).

«Nous avons déjà en stock de quoi doubler les affaires en trois à cinq ans et nous voulons les quadrupler dans les 8 à 10 ans», a précisé M. Laborde qui prévoit déjà le «doublement du programme de distillation l’an prochain».

Après ce premier semestre, le groupe envisage une croissance plus modérée au second semestre, «mais nous confirmons notre objectif d’améliorer tous les résultats sur l’année complète» 2012-2013, a affirmé M. Laborde. Ce dernier s’est dit confiant sur la Chine après un ralentissement ces derniers mois dû, selon lui, au changement de direction politique. «Maintenant, le congrès est terminé et c’est de nouveau la fête», a-t-il dit, en prévenant cependant que cette croissance allait être plus mesurée car il nous faut garder du stock et ne pas mettre sur le marché ce qui viendrait à nous manquer dans les décennies à venir.

M. Laborde mise aussi beaucoup sur la Russie et les pays de son ancienne zone d’influence, dont l’Europe de l’est, évoquant à leur sujet «un optimisme total».

La région Asie Pacifique représente 43,6% du chiffre d’affaires, les Amériques 32,1% et l’Europe/Moyen Orient, 24,3%. Son résultat opérationnel courant a progressé de 33,2% à 141,5 millions d’euros. Le groupe avait précédemment annoncé des ventes semestrielles en hausse de 13,3% en données organiques, à 595,8 millions d’euros.

Pour Jean Marie L’Homé, analyste chez le courtier Aurel BGC, il s’agit d’un «excellent semestre», conformément aux attentes.  «Par division, c’est sans surprise le cognac qui affiche la meilleure performance», observe-t-il. La marque Rémy Martin se comporte très bien en Chine et aux Etats-Unis, avec un résultat opérationnel courant en hausse de 44,1% à 131,4 millions.

Sur les liqueurs et spiritueux, le  résultat opérationnel est en revanche en repli de 19,1% (-24,9% en organique) à 19,5 millions, en raison d’investissements marketing plus élevés sur ce semestre. Mais «en dépit du ralentissement de la croissance des expéditions de cognac et de retombées assez mitigées du Thanksgiving aux Etats-Unis, le groupe dresse un discours plus rassurant sur sa dynamique de croissance aux Etats-Unis et en Asie», estime Christine Ropert, analyste chez Gilbert Dupont.

Par ailleurs, Rémy Cointreau est «en cours de négociation» avec le groupe Larsen, dont les Cognac sont fortement implantés en Europe du Nord.

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