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samedi 25 octobre 2014 // 12:08

Le pôle d’excellence financier

jeudi, 22.11.2012

IHEID. L’Institut ouvre un nouveau centre de recherche en finance et développement économique avec le soutien de la Fondation Pictet

L’Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID) a ouvert hier son nouveau centre de recherche pour la finance et le développement (CFD). Jean-Louis Arcand, qui a rejoint l’Institut en 2008, en est le directeur.

Comment est née l’idée de ce nouveau centre de recherche pour la finance et le développement?

Grâce à l’impulsion de Philippe Burrin, directeur du IHEID qui a décroché le soutien de la fondation Pictet pour le développement. Cette fondation nous a accordé 25 millions de francs ( dont 12 millions pour le projet de portail des nations et le solde pour l’Institut). Cela nous a notamment permis de recruter des professionnels de haut niveau, dans les domaines de la micro finance, des spécialistes de la finance en Chine ou encore des personnes travaillant à la CNUCED ou au FMI.

Qu’est-ce qui vous différencie des autres centres de recherche sur la finance?

Nous sommes un centre «pour» la finance et le développement et non pas «sur» la finance et le développement. En effet, notre objectif n’est pas d’être spectateur de ce sujet d’étude mais d’être proactifs et innovants en étudiant les interactions entre la finance et le développement économique. C’est notamment pour cela que nous avons décidé de «laisser la place aux jeunes» en recrutant non seulement des personnalités qui ont une grande expérience mais aussi des jeunes doctorants pour faciliter un renouvellement des idées.

Quelles sont les forces du centre et vos domaines d’étude?

Nous étudions les politiques publiques et l’économie appliquée. La vocation du centre est de développer la recherche à trois niveaux: macro (finance internationale, FMI…) méso (régulations nationales et régionales) et micro (individu ou entreprise, micro finance). Notre centre regroupe des activités d’enseignement mais surtout de recherche avec des activités de «rayonnement» comme des conférences, dont certaines ouvertes au public. Notre force se trouve aussi dans l’interdisciplinarité. C’est une notion qui nous tient particulièrement à cœur, d’où nos collaborations multiples avec d’autres centres de recherche, les organisations internationales ou le secteur privé. Nous avons également donné la possibilité à nos étudiants qui réalisent un doctorat dans une discipline, de réaliser une mineure dans une autre discipline, par exemple en économie et anthropologie.

Si vous deviez choisir quelques «grandes questions» définissant vos sujets de recherches, quelles seraient-elles?

Il y en a au moins quatre sur lesquelles nous nous concentrons: «Quelles sont les politiques et structures de marché qui facilitent le développement des plus pauvres?», «Quelle est l’allocation des talents optimale?», «Quel est l’impact de la réglementation sur secteur financier?», ou encore «Quelle est la taille optimale du secteur financier dans une économie?»

Quels liens entretenez-vous avec les organisations internationales ou le secteur privé?

Nous sommes déjà très proches de la Genève internationale. Beaucoup de nos étudiants travaillent d’ailleurs à l’OMC et Pascal Lamy, son directeur, fait partie de notre advisory board. Beaucoup de nos professeurs travaillent aussi en collaboration avec des institutions privées ou des organisations internationales, par exemple la Banque Mondiale. Nous sommes déjà en discussion avec plusieurs institutions financières pour réaliser des travaux de recherche comme Mirabaud, Pictet ou Crédit Agricole.

interview:

marjorie thÉry

De Harvard à Genève
Ricardo Hausmann, professeur à Harvard, dirigera l’advisory board»du CFD, dont la première réunion s’est tenue hier.

Ricardo Hausmann, quel est votre rôle dans cet organe?

En tant que directeur du Centre pour le développement international de l’université d’Harvard, j’utiliserai mes compétences dans le domaine du développement pour conseiller le centre genevois. Le rôle de l’advisory board est de garantir son succès. Je connais bien les chercheurs Ugo Panizza et Martina Viarengo par exemple, qui collaborent au centre. Nous avons déjà travaillé sur divers sujets comme l’euro, les inégalités homme femmes ou encore le système financier latino- américain.

Pourquoi avez-vous accepté?

 J’apprécie particulièrement l’Institut et le changement. Chaque endroit donne un couleur différente à la réflexion. Voir le monde depuis Genève m’a toujours fasciné, aussi je suis heureux d’assurer un rôle de conseiller et d’ambassadeur du centre pour développer son rayonnement justement. (MT)

La Fondation Pictet impliquée
En 2009, Ivan Pictet, alors associé senior de la Banque Pictet & Cie, a créé la Fondation Pictet pour le développement qu’il a dotée d’un capital de 25 millions de francs. Dès cette époque, la Fondation a eu pour mission l’établissement, en association avec l’Institut, d’un centre consacré a la thématique «finance et développement». Constatant que la place financière et internationale Genevoise se trouvait à un «carrefour» inédit, elle occupait une position privilégiée pour faire avancer la recherche dans le domaine de la finance et du développement. De la création d’Ethos à Sustainable Finance Geneva en passant par la Fondation Schwab for social entrepreneurship, l’évolution de la place financière n’a cessé de construire des ponts entre finance et développement. C’est afin de mieux comprendre cette dynamique entre acteurs du développement public et privé et dans ce contexte fertile d’innovation de la place financière, que la Fondation Pictet pour le développement est née et a souhaité notamment promouvoir au sein de l’IHEID un centre de Finance et de développement. (MT)

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