Domino's Pizza veut une part de marché suisse

mardi, 05.06.2018

Le marché suisse aiguise l'appétit de Domino's Pizza, qui compte augmenter substantiellement sa présence sur territoire helvétique à moyen terme. La chaîne de restaurants veut tripler le nombre de ses restaurants et de ses effectifs, avec un accent sur la Romandie.

Genève et sa couronne comptent désormais six points de vente, ex-aequo avec Zurich et devant Bâle (2).

La franchise d'origine américaine veut disposer en Suisse de 50 succursales d'ici 2022, à comparer aux 18 restaurants actuels. Quelques 800 emplois devraient être crées dans l'intervalle, faisant passer l'effectif à plus de 1200, a indiqué à AWP Christophe Kienberger, directeur marketing de Domino's Pizza Suisse.

Le groupe ne compte pas saupoudrer l'ensemble du marché suisse. "L'important pour nous, c'est de mettre l'accent sur les villes où nous sommes déjà présents afin d'avoir une couverture géographique optimale", a souligné le responsable.

Genève et sa couronne comptent désormais six points de vente, ex-aequo avec Zurich et devant Bâle (2). Lausanne, Neuchâtel, Berne et Winterthour accueillent pour l'instant un seul et unique restaurant. "Nous essayons de développer les deux régions linguistiques", a assuré M. Kienberger.

L'extension prévue profitera encore à Genève, mais aussi à Lausanne. Le Tessin, lui, devrait rester sur sa faim, du moins dans un avenir proche. A en croire Christophe Kienberger, le choix est stratégique et non culturel. "Il ne s'agit pas d'une question de sensibilité gastronomique. Domino's Pizza est présent en Italie et fonctionne assez bien."

L'objectif final consiste à établir un réseau d'une centaine de restaurants en Suisse et investir des villes, cantons et régions où la marque est actuellement absente. A 25 employés par succursale en moyenne, Domino's Pizza présente un potentiel de plus de 2500 employés sur le long terme.

En mains britanniques

La franchise est arrivée sur territoire helvétique en mars 2000, date de l'ouverture du premier point de vente à Genève, dans le quartier des Eaux-Vives. Le restaurant lausannois a vu le jour trois mois plus tard.La filiale helvétique appartient au britannique Domino's Pizza Group, qui exploite la marque pour un certain nombre de pays européens.

Cette structure existe en Suisse depuis 2012, année de la reprise des 12 sites de l'époque et des 180 personnes qui y travaillaient. Tous les restaurants, auparavant des franchises, sont directement gérés par la société.La sauce a visiblement pris. En 2017, Domino's Pizza Suisse a connu une progression du chiffre d'affaires de 17,2%, contre 20,1% une année auparavant. "La croissance est organique mais également liée à l'ouverture de nouveaux magasins", selon le directeur marketing.Les ventes ont atteint 19 millions de livres (25 millions de francs), selon les chiffres annualisés fournis par le siège britannique. La partie alémanique du pays contribue au chiffre d'affaires à hauteur de 56%, contre 44% pour la Romandie.

La filiale suisse a connu l'évolution la plus solide de tous les pays européens, a affirmé M. Kienberger. La dynamique semble se poursuivre depuis janvier, avec une croissance supérieure à 10% au terme du premier trimestre. "Nous comptons doubler le nombre de pizzas vendues d'ici la fin de l'année."En raison des retards administratifs, Domino's Pizza Suisse n'a toutefois pas pu satisfaire sa fringale. Sur les six nouveaux restaurants prévus en 2017, un seul a été inauguré, à Genève.

Les cinq projets restants devraient être concrétisés d'ici fin 2018, avec un potentiel de 125 emplois supplémentaires. La succursale genevoise des Pâquis a accueilli ses premiers clients en début d'année.Christophe Kienberger explique que les pizzas de Domino's constituent une offre complémentaire à celles de la concurrence.

La franchise propose plutôt une recette à l'américaine, avec une pâte plus épaisse que son homologue italienne. Sur ce créneau, la faillite de Pizza Hut Suisse en 2004 a ouvert une brèche dans laquelle il était facile de s'engouffrer.Domino's Pizza vante également la qualité de ses produits, provenant de Suisse pour la farine, la mozzarella, le jambon et le boeuf. Les tomates proviennent du Portugal.

L'aspect local n'est pas qu'une question d'image, selon Christophe Kienberger. "Nous le faisons pour avoir la contrôle sur notre approvisionnement et de la qualité. (...) S'il nous manque de la pâte ou du jambon, il est plus facile d'avoir un fournisseur qui est à 200-300 kilomètres."(ats)

 

 






 
 

AGEFI


 

 




...