Le Matin disparaît dans sa version papier

jeudi, 07.06.2018

C'est officiel. Après 125 ans d'histoire(s), le journal Le Matin va cesser de paraître dès le 21 juillet, a indiqué jeudi l'éditeur Tamedia. Le Matin continuera sous forme 100% numérique.

Jusqu'à 41 personnes seront licenciées.(keystone)

La restructuration devrait entraîner la suppression de quelque 40 postes, dont 24 en rédaction. Le Matin continuera avec une rédaction d'environ 15 personnes qui collaborera étroitement avec le Sport-Center et le Newsexpress de Tamedia, ainsi que le réseau du gratuit 20 minutes. Le Matin est le premier quotidien suisse à faire le pas du tout numérique.

La restructuration entraîne également un changement à la tête du quotidien orange. Laurent Siebenmann sera le nouveau rédacteur en chef du Matin online, en remplacement de Grégoire Nappey.

Ce dernier n'a pas souhaité diriger Le Matin dans sa nouvelle formule. Laurent Silbermann a débuté sa carrière das les radios privées en Suisse romande. Il a rejoint la rédaction du Matin en février 2015.

L'historique

Avec la disparition de la version papier du quotidien Le Matin, c'est un pan majeur de la presse romande qui s'effondre. Le journal, fondé en 1893 sous le nom de La Tribune de Lausanne, faisait partie des habitudes de beaucoup de Romands en matière d'information.

Le quotidien avait aussi la particularité de côtoyer son pendant dominical, livré sous la dénomination Le Matin Dimanche depuis 1972, et jusqu'en 1994 l'un des deux quotidiens du dimanche en Suisse romande avec La Suisse, éditée à Genève. Auparavant, il sortait sous l'appellation de La Tribune Dimanche.

Avant de s'appeler Le Matin à partir de 1984, le quotidien, propriété du groupe lausannois Edipresse jusqu'au rachat de ce dernier annoncé en 2009 par le groupe zurichois Tamedia, s'appelle un temps La Tribune-Le Matin.

Le quotidien, connu par certains plus particulièrement pour sa partie sportive développée et à vocation supracantonale, vit une évolution importante à partir de 2001. Il opte pour le format tabloïd et devient un journal davantage orienté vers le boulevard.

Arrivée des gratuits

Ensuite, dès 2005, Le Matin est affecté par l'irruption sur le marché de la presse des titres gratuits. Le journal gratuit 20 minutes (Tamedia) arrive en Suisse romande en 2006, quelques mois après le gratuit d'Edipresse qui a pour nom Le Matin Bleu. 

Pendant quelques années, les deux quotidiens font concurrence.

En 2008, Le Matin connaît une réorganisation qui lui enlève son implantation romande. Les bureaux régionaux dans les cantons sont rapatriés dans la capitale vaudoise.

En 2009, le rachat d'Edipresse par Tamedia implique la disparition du Matin Bleu, seul le gratuit 20 minutes subsistant. Depuis, Le Matin, dans son édition papier de la semaine, subit l'érosion des tirages et la concurrence de son voisin 20 minutes, la marque continuant d'exister en lien avec Le Matin Dimanche.

Fusion des rédactions

En août 2017, Tamedia Suisse romande annonçait la réunion des rédactions de 20 minutes et du Matin pour le 1er janvier de cette année, les deux marques conservant leur identité propre. La mesure de rationalisation impliquait le licenciement de six personnes au Matin, dont quatre journalistes.

Fin mars, Le Matin du Soir tirait sa révérence après 17 mois d'existence. L'expérience d'une édition en ligne vespérale a tourné court, faute d'avoir trouvé un public, le nombre des abonnés plafonnant à 800 au mieux. Très loin des 8 à 9000 abonnements qui étaient attendus après deux ans d'existence.

Mainmise de Tamedia

Pour mémoire, Tamedia est devenu l'acteur incontournable de la presse en Suisse depuis le rachat d'Edipresse il y a bientôt dix ans. L'éditeur zurichois contrôle dans la partie francophone du pays la Tribune de Genève, 24 Heures, 20 minutes, Le Matin et le Matin Dimanche.

Outre-Sarine, Tamedia édite son produit historique, le quotidien zurichois Tages-Anzeiger. Outre ce dernier, le groupe détient à Berne la Berner Zeitung et le Bund. Il vient par ailleurs d'annoncer le 18 avril le rachat de la Basler Zeitung, à Bâle, à la société Zeitungshaus, dont Christoph Blocher est l'un des acteurs.(ats)






 
 

AGEFI


 

 




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