Pouvoir d’achat salarial: Zurich coiffe Genève au poteau

jeudi, 07.06.2018

Philippe G. Müller*

Le Chief Investment Office (CIO) d’UBS Global Wealth Management vient de publier la 17e édition de son comparatif des prix et salaires dans 77 métropoles mondiales. Cette étude, qui paraît tous les trois ans depuis 1971 confirme que Zurich reste la ville la plus chère du monde, juste devant Genève.

L’analyse part du niveau des prix et des salaires pour évaluer les coûts de la vie ainsi que le pouvoir d’achat des salaires. A cet effet, le CIO collecte et compare les prix d’un panier de 128 biens et services variés et le salaire moyen de quinze professions représentatives de la population. Pour la première fois cette année, les plus de 75.000 éléments de données collectés sont présentés de façon interactive sur un microsite donnant accès aux données de chaque ville à des fins de comparaison géographique et temporelle (cf. www.ubs.com/pricesandearnings).

Parmi les principaux enseignements de l’étude, Zurich demeure la ville la plus chère du monde, talonnée par Genève et Oslo. Viennent ensuite Copenhague, New York, Tokyo et Milan. C’est à Kiev, Lagos et au Caire que le coût de la vie est le moins élevé: le panier de biens et services du quotidien y coûte seulement un tiers de ce que paye un New-Yorkais.

Impôts plus élevés à Genève

Les prix élevés ne sont pas forcément un problème si les salaires de la ville et du pays sont à l’avenant, comme le montre l’exemple de la Suisse. Genève est la championne du salaire horaire brut (avant impôts et cotisations sociales), juste devant Zurich. Les places suivantes sont occupées par Luxembourg, Los Angeles et Copenhague.

Meilleurs salaires aux Etats-Unis

En revanche, en tenant compte du salaire net (après impôts et cotisations sociales), Zurich reprend la tête et relègue Genève à la deuxième place. En effet, les impôts et taxes sont plus élevés au pied du jet d’eau que sur les rives de la Limmat.

En ce qui concerne le pouvoir d’achat des salaires, le salaire moyen (revenu annuel et horaire net) de quinze professions est passé en revue et rapporté au niveau des prix dans chaque ville. C’est Los Angeles, sur la côte ouest des Etats-Unis, qui s’impose, devant Zurich, Miami, Genève et Luxembourg. D’une façon générale, les métropoles américaines et asiatiques sont en haut du classement pour le salaire annuel.

En revanche, si l’on prend le salaire horaire net comme référence, les villes européennes repassent devant car le temps de travail y est nettement inférieur à l’Asie ou aux Etats-Unis. Le salaire horaire net est donc relativement plus élevé en Europe. Logiquement, le temps libre y a donc une certaine valeur. C’est à Zurich que le salaire horaire net est le plus élevé, puis à Los Angeles, Miami, Luxembourg, Genève, Toronto et Francfort.

Enfin, le temps de travail nécessaire à l’achat d’un bien donné est calculé dans chaque ville. Le Big Mac est un étalon idéal car il est identique dans toutes les villes du monde. Le prix d’un Big Mac est divisé par le salaire horaire net de la ville pour connaître le nombre de minutes qu’un salarié doit travailler pour se l’offrir. Les salariés de Hong Kong, Taipei et Tokyo sont les plus rapides, puisqu’ils gagnent le prix de ce hamburger en une douzaine de minutes, contre 13,4 à Zurich et 15,4 à Genève. Au Caire, le salarié moyen doit travailler une heure et 40 minutes pour se l’acheter le sandwich, durée qui dépasse deux heures à Lagos.

* Economiste responsable pour la Suisse romande, CIO WM, UBS






 
 

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