Les services forment un pilier de plus en plus essentiel pour les entreprises industrielles

mardi, 05.06.2018

Industrie. Le développement de services au sein d’une offre de biens industriels est un facteur indéniable de croissance et de compétitivité. Schindler et Bobst l’illustrent très bien.

Philippe Rey

Olivier Furrer. La différenciation par des services de qualité.

Le développement d’une démarche de service apparaît de plus en plus comme un facteur  de différenciation et de compétitivité des entreprises industrielles. Plusieurs exemples tels que Bobst Group, Burckhardt Compression, Schindler, Rieter ou Klingelnberg (un candidat déclaré à une entrée en bourse sur SIX Swiss Exchange), l’attestent de manière éloquente. Au-delà de la mise sur le marché de ses seuls produits, l’entreprise doit intégrer, au travers d’une offre globale, l’ensemble des besoins de ses clients.

Une base installée de biens d’équipements dans le monde pour tel ou tel groupe industriel devient une source récurrente de revenus et de cash-flows, tout en permettant de croître sans grand besoin de dépenses en capital (capex) additionnelles et de mieux affronter les aléas conjoncturels.

C’est non seulement un moyen d’accroissement et de stabilisation du chiffre d’affaires, mais aussi de hausse des marges réalisées sur le chiffre d’affaires et du rendement des capitaux employés (ROCE). Les services sont souvent plus rentables que les produits dont ils découlent.

C’est un facteur explicatif d’un ROCE très élevé chez Schindler (plus de 50% à l’inclusion du goodwill, d’après les analystes de la Banque Cantonale de Zurich). Il est à l’origine d’une très forte augmentation de la valeur de ce groupe lors des 30 dernières années.

Les services peuvent aussi stimuler la demande des produits et constituent une source de différenciation de l’offre de l’entreprise. Ce qui ressemble à un cercle vertueux. Le service peut même sembler salvateur dans certains cas, en faisant plus que compenser une perte passagère dans une activité de fabrication industrielle cyclique. Burckhardt Compression dans le secteur des compresseurs de gaz et process haute pression (lire ci-contre) le démontre.

Solution d’une seule main

On parle de plus en plus de solutions apportant à la clientèle simplicité, facilité ainsi que tranquillité, qui dépassent l’acquisition d’un produit. Cette évolution est sans doute accélérée par la numérisation. L’orientation-client confère aujourd’hui aux services une fonction stratégique et non plus simplement comme lorsqu’ils ne concernaient que l’après-vente.

Les services autour des produits revêtent un rôle stratégique, selon le professeur Olivier Furrer de l’Université de Fribourg. Ils permettent d’optimiser l’utilisation d’un produit et d’en augmenter la valeur pour les clients. Olivier Furrrer fait partie du comité Groupement PME-Hautes Ecoles. L’association constitue une interface entre les milieux académiques et les petites et moyennes entreprises de Suisse Romande, favorisant ainsi une circulation des savoirs de compétences entre l’univers de l’enseignement et celui de l’entreprise.

La combinaison de l’ingénierie mécanique, des services et du software s’avère gagnante pour Klingelnberg, le fabricant d’équipements allemand dont la société-mère est domiciliée à Zurich et vise une IPO dans le courant de cette année.

Cette entreprise fabrique des machines pour production d’engrenage conique et pour la mesure des engrenages. C’est un leader  global de l’industrie de l’engrenage. Ses trois marques sont Klingelnberg, Oerlikon (suite au rachat des machines-outils au groupe Oerlikon Bührle) et Höfler.

Ses activités de service sont intégrées à ses différentes divisions. Elles procurent des revenus stables et récurrents à travers tout le cycle conjoncturel avec des marges d’exploitation qualifiées d’attractives par le CEO du groupe, Jan Klingelnberg.

Une illustration plus concrète en termes de rentabilité, outre les exemples de Bobst et Burckhardt Compression (articles ci-dessous), est Rieter, le fabricant de machines textiles, dont l’activité après-vente (After Sales) a réalisé en 2017 un bénéfice opérationnel (EBIT) de 28 millions pour un chiffre d’affaires de 146 millions de francs (respectivement 26 et 142 millions en 2016). La marge EBIT proche de 20% est appréciable. Rieter vise pour 2018 un chiffre d’affaires de 166 millions de francs dans ce domaine. Le service dans le cas de Rieter ne se limite pas qu’aux pièces détachées mais à des services après-vente à valeur ajoutée et à des solutions à travers tout le cycle de vie des produits.






 
 

AGEFI


 

 




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