De l’obligation de résonance financière?

vendredi, 22.06.2018

Christian Pire*

Le 5 avril Céline Renaud écrivait «L’artiste a besoin de l’entrepreneur et l’entrepreneur de l’artiste pour sa créativité». Force est de constater que l’un des enseignements des crises financières répétitives est que «L’artiste financier entrepreneur a besoin d’un épargnant entrepreneur».

Pourquoi ce duo d’entrepreneurs, dans ce qui est parfois perçu par les profanes comme un cirque financier? Non un cirque qui représente des valeurs de courage et d’adresse, mais un cirque au sens du Larousse de «lieu de comédie outrée et où règne une agitation désordonnée obligeant à des manœuvres complexes». 

La réalité financière de l’offre

Et si l’artiste financier d’aujourd’hui était celui qui accepte de revenir à la seule réalité financière de l’offre et la demande de titres vifs? Qui contestera que les outils collectifs (type fonds de placement) ne soient devenus que des chaînes de Ponzi aux risques systémiques devenus incontrôlables? 

N’est-ce pas de cette réalité que le monde financier veut se protéger en faisant signer de multiples décharges juridiques mentionnant aux clients qu’il reconnaît avoir été informé de tous les risques et compris l’investissement qui lui était proposé. 

Ironie de l’histoire, vu le degré de sophistication financier, comptable et technique, je ne suis pas certain que beaucoup de professionnels sachent réellement ce qu’ils vendent. 

Point de critique, car la parcellarisation des métiers dans le processus financier fait qu’en final personne ne peut réellement avoir une juste compréhension des produits. 

Comment revenir à la raison financière, si ce n’est en imposant que tout produit financier boursier ait pour base d’évaluation le respect de la seule réalité financière qui est: le prix négocié pour un volume de titres déterminé. 

Pour réaliser cela, il faut que le monde financier accepte de ne plus travestir les réalités via des gérants mathématiciens jongleurs, des trapézistes marketing et parfois (mais rarement) des clowns vendeurs. 

Même l’ouvreur, qui se fait appeler le prescripteur, est présent dans notre monde financier. Parfois, il sera même l’un de vos amis ou copains qui vous présentera «fortuitement» un autre copain ou un ami banquier. 

S’il y a pléthore de propositions financières, je ne peux m’empêcher de constater que l’artiste est désormais plus du côté de l’inventivité marketing et des innovations comptables que du côté des réelles qualités de gestion financière proposée. 

La finance n’est qu’un outil à disposition de l’artiste financier. Artiste qui ne peut continuer de passer sous silence, sans être taxé de charlatanisme, tout sens des responsabilités sociologiques, économiques, politiques et financière à son œuvre. 

Imaginez un opéra de Verdi qui serait retraité en une version mathématique musicale étudiée sociologiquement pour être vendue au plus grand nombre, serait-ce encore du Verdi où un simple ersatz commercial trompeur? Le temps de la résonance de la raison financière ne serait-il pas venu?

*www.socioecopofi.com 






 
 

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