Inflation: le patron de la Fed ne crie pas encore victoire

samedi, 05.05.2018

William Dudley, président de la Réserve fédérale de New York, se montre optimiste sur la conjoncture économique.

"Je serais surpris si l'expansion devait s'arrêter cette année ou l'année prochaine" estime le président de la Réserve fédérale de New York, William Dudley. (Keystone)

Le président de la Réserve fédérale de New York, William Dudley, a salué vendredi les progrès de l'inflation aux Etats-Unis mais affirmé qu'il ne fallait pas encore déclarer victoire.

Depuis le début de la reprise il y a huit ans, la Fed a eu pour objectif de faire remonter les prix vers une cible de 2% qu'elle estime bénéfique pour l'économie.

Ce seuil a été atteint en mars, selon l'indice PCE basé sur les dépenses de consommation, et est à 1,9% pour l'indice sous-jacent, hors prix de l'énergie et de l'alimentation.

"Je ne déclarerais pas victoire tout de suite. Les données de l'inflation varient chaque mois mais nous avons fait des progrès et j'en suis heureux", a affirmé M. Dudley, lors d'une conférence à New York, organisée par l'agence Bloomberg.

Il s'est montré optimiste sur la conjoncture économique, affirmant que les perspectives apparaissaient "très bonnes pour les deux prochaines années".

"Je serais surpris si l'expansion devait s'arrêter cette année ou l'année prochaine", a-t-il estimé, ajoutant toutefois qu'il y avait "des nuages à long terme".

"Que va-t-il se passer avec la politique commerciale ? (...) Si nous choisissons la mauvaise route, cela créera de toute évidence de grands risques pour l'économie américaine", a-t-il averti.

Le patron de la Fed de New York, qui doit quitter la puissante branche de la banque centrale cet été, a aussi tiré la sonnette d'alarme sur l'endettement du pays.

"La réforme fiscale des entreprises était nécessaire depuis longtemps mais elle représente un stimulus budgétaire de taille qui arrive tard dans le cycle économique", a-t-il regretté, ajoutant que le ratio d'endettement du pays par rapport à son Produit intérieur brut (PIB), allait "continuer à grimper alors qu'il est déjà haut".

"Il y a de vrais problèmes de viabilité budgétaire qui risquent de peser à l'avenir", a-t-il prévenu.

Interrogé sur l'impact sur les entreprises des importantes réductions d'impôts, M. Dudley a reconnu qu'on ne voyait "pas encore de signes d'accélération des investissements".

"Cela prend du temps pour les entreprises de faire des plans d'investissements. Il faut attendre de voir", a-t-il affirmé, tout en assurant qu'il serait "choquant" s'il n'y avait pas plus d'investissements de la part des compagnies vu l'ampleur de la réforme fiscale à leur égard. (awp)






 
 

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