Watches of Switzerland prévoit d'entrer à la Bourse de Londres

vendredi, 24.05.2019

Watches of Switzerland prévoit d'entrer prochainement à la Bourse de Londres et de lever au minimum 200 millions de livres.

Le groupe se décrit comme le plus grand distributeur de montres Rolex, Cartier et Breitling au Royaume-Uni.

Un des plus importants détaillants britanniques de montres de luxe continue de s'étendre sur le marché américain, toujours prometteur pour l'horlogerie suisse. Watches of Switzerland a prévu de lever près de 254 millions de francs alors qu'il va entrer à la Bourse de Londres.

Watches of Switzerland a indiqué que la fourchette du prix d'introduction est fixée entre 250 et 277 pence par action, ce qui signifie une capitalisation entre 610 et 660 millions de livres (soit entre 778 et 841 millions de francs). La société espère lever au minimum 200 millions de livres, hors une offre de surallocation de 10%. Elle n'était pas en mesure de donner une date concernant cette IPO (initial public offering).

L'entreprise a été acquise en 2013 par le fonds de capital-investissement américain Apollo Global Management, qui avait notamment racheté Ceva Logistics en 2006. Selon le Financial Times, la société a l'intention de réduire sa dette et Apollo souhaiterait diminuer sa participation, tout en restant majoritaire.

Le groupe, qui se décrit comme le plus grand distributeur de montres Rolex, Cartier et Breitling au Royaume-Uni, opère sous plusieurs marques (Watches of Switzerland, Mappin & Webb, Goldsmiths, WatchShop and The Watch Lab), en plus d'être actif dans la vente en ligne.

Expansion sur le marché américain

En 2017, l'entité a traversé l'Atlantique en rachetant une vingtaine de boutiques Mayors Jewellers en Floride et en Géorgie, puis s'est installé à Las Vegas. En novembre dernier, elle s'est implantée à New York dans le très chic quartier de Soho, avant d'inaugurer une boutique ce printemps dans le nouveau quartier des Hudson Yards. D'autres ouvertures sont annoncées pour 2019: à Boston et dans le New Jersey, et à l'aéroport de Gatwick, au sud de Londres.

René Weber, analyste chez Vontobel et spécialiste du luxe, souligne qu'il s'agira "du numéro deux mondial de la vente au détail de montres (derrière le Lucernois Bucherer) à être coté en Bourse, ce qui intéressera les investisseurs. Surtout, le Royaume-Uni a été un marché en forte croissance ces dernières années et il existe un potentiel de croissance considérable aux Etats-Unis."

Sur les trois premiers mois de l'année, les exportations de garde-temps vers le Royaume-Uni ont bondi de 52% à 376,4 millions de francs par rapport à la même période l'an dernier, en raison de constitution de stocks en prévision du Brexit. Les envois vers les Etats-Unis ont progressé dans le même temps de 2,6% à 540,8 millions de francs.

Le Royaume-Uni toujours fort

De plus, cette IPO est "très intéressante car elle donne un aperçu de la situation du marché au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, qui représentent près de 20% des exportations horlogères, note René Weber. Jusqu'à présent, c'était la situation en Asie, et particulièrement à Hong Kong et Singapour, qui pouvait être observée avec les principaux détaillants cotés tels que Emperor, Hengdeli ou Hour Glas".

Jules Boudrand, responsable du secteur horloger chez Deloitte à Genève, y voit plutôt "la stratégie normale d'un fonds de private equity qui souhaite réaliser une partie de son investissement initial, tout en continuant à financer la croissance avec un axe de développement particulier aux Etats-Unis".

Il rappelle que le marché étatsunien reste "clé pour de nombreux acteurs, comme en témoigne l'acquisition de Tourneau par Bucherer en 2018". En janvier 2018, le détaillant lucernois faisait part du rachat des 28 boutiques du revendeur new-yorkais de montres de luxe et de son site de vente en ligne.

Si les incertitudes sont toujours nombreuses autour du Brexit, le marché britannique reste néanmoins essentiel pour le luxe. "Une part importante des ventes de produits de luxe aux touristes en Europe se fait au Royaume-Uni, indique M. Boudrand. Et ce marché est depuis trois ans dans le Top 5 des exportations horlogères suisses".(awp)






 
 

AGEFI



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