Wall Street reprend son souffle

samedi, 08.02.2020

Wall Street a terminé en baisse vendredi malgré un rapport solide sur l'emploi américain, reprenant son souffle après plusieurs séances qui l'ont amenée à de nouveaux records jeudi et en attendant d'en savoir plus sur le coronavirus.

Aux Etats-Unis, les résultats d'entreprises et indicateurs publiés dans le courant de la semaine ont donné l'image d'une économie plutôt en forme. (Keystone)

L'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 0,94%, pour finir à 29.102,51 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a cédé 0,54%, à 9.520,51 points et le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a aussi lâché 0,54% pour terminer à 3.327,71 points.

Sur la semaine toutefois, le Dow Jones a progressé de 3,00%, le Nasdaq de 4,04% et le S&P 500 de 3,17%. Ils avaient tous les trois clôturé à des niveaux inédits jeudi.

"La semaine a été assez explosive et il n'est pas inhabituel de voir les indices s'affaisser en raison d'investisseurs prenant quelques profits", a estimé Art Hogan de National Holdings.

Les acteurs du marché ont aussi pu, selon l'expert, faire preuve de prudence "au cas où on apprendrait de mauvaises nouvelles sur le coronavirus au cours du week-end".

Le bilan de la crise sanitaire a continué à s'aggraver vendredi, avec 31.161 personnes contaminées dans la partie continentale de la Chine, dont 636 sont mortes.

Dans le reste du monde, plus de 300 cas de contaminations ont été confirmés dans une trentaine d'Etats et de territoires, dont deux mortels (Hong Kong et Philippines).

L'impact du nouveau coronavirus sur l'économie mondiale reste toutefois encore incertain.

Uber bondit

Aux Etats-Unis, les résultats d'entreprises et indicateurs publiés dans le courant de la semaine ont donné l'image d'une économie plutôt en forme.

Le rapport sur le marché du travail a conforté vendredi cette idée, l'économie américaine créant un plus grand nombre d'emplois que prévu, en particulier dans les secteurs de la construction et de la santé.

Le taux de chômage a certes augmenté de 0,1 point, à 3,6%, mais cela s'explique par le fait que plus de 183.000 personnes sont de nouveau entrées sur le marché de l'emploi.

Le salaire horaire, de son côté, a gagné 0,25% par rapport au mois précédent, soit un peu moins qu'attendu par les analystes. Comparé à janvier 2019, il a progressé de 3,1%, un taux bien supérieur à celui de l'inflation (+2,3% en décembre selon l'indice PCI).

Dans l'ensemble, ce rapport reste positif pour les marchés car les créations d'emplois sont "encourageantes" et la hausse des salaires n'accélère "pas suffisamment pour faire craindre une hausse imminente des taux d'intérêt", souligne Patrick O'Hare de Briefing.

Sur le front des valeurs, Uber a bondi de 9,54% après avoir fait état de pertes moins importantes que prévu au quatrième trimestre. Le groupe a aussi promis qu'il dégagerait un excédent brut d'exploitation (Ebitda) positif au quatrième trimestre 2020, au lieu de l'année suivante.

L'éditeur de jeux vidéos Activision Blizzard s'est apprécié de 2,11% après des résultats supérieurs aux attentes grâce notamment au succès continu de "Call of Duty: Modern Warfare".

Spirit AeroSystems a reculé de 1,11%. Ce sous-traitant de Boeing a annoncé réduire son dividende de 12 cents à 1 cent, en raison des perturbations liées à la suspension de la production du 737 MAX.

"Etant donné l'importance du programme du 737 MAX pour Spirit, le conseil d'administration pense qu'il est prudent de conserver des liquidités jusqu'à ce que la production revienne à un rythme plus élevé", a justifié l'entreprise dans un communiqué.

Le constructeur Ford, en grande difficulté dans un paysage automobile dominé par les technologies électrique et autonome, a annoncé vendredi avoir remanié sa direction quelques jours après l'annonce de résultats trimestriels décevants avec notamment le départ de son numéro 2, Joe Hinrichs. Le titre a reculé de 1,70%.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine reculait, évoluant vers 21H50 GMT à 1,582% contre 1,642% jeudi à la clôture. (awp)






 
 

AGEFI




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