Une nouvelle BRC à court terme sur Boeing

dimanche, 31.03.2019

Vontobel a émis mardi dernier une barrier reverse convertible négociée en dollars qui arrive à échéance fin septembre de cette année et paie un coupon unique de 5,20%.

Levi-Sergio Mutemba

Vontobel a émis mardi dernier un barrier reverse convertible (BRC) à très court terme sur Boeing, arrivant en effet à échéance le 26 septembre prochain. Le note propose un paiement unique d’un coupon de 5,20%, tandis que le produit est assorti d’une barrière de protection conditionnelle relativement étroite de 80%. Soit un amortisseur de risque de seulement 20% pour une action sous-jacente soumise à de fortes pressions suite aux accidents tragiques impliquant son appareil-phare 737 MAX.

Combien de temps, combien d’argent?

Pendant combien de temps les appareils 737 MAX de Boeing resteront cloués au sol? Et combien coûtera cette immobilisation, ainsi que les éventuelles indemnisations versées aux familles des victimes de l’Ethiopian Airlines à destination de Nairobi (Kenya) survenu le 10 mars? Ce sont les deux principales questions auxquelles les analystes tentent d’apporter une réponse, après que l’accident précité a provoqué la mort de 157 passagers, cinq mois après le crash du Lion Air, impliquant le même appareil.

L’action du constructeur aéronautique américain avait chuté de 12% environ entre la date de l’accident et son plus bas du vendredi 22 mars. La semaine dernière, Boeing a récupéré 5% à 381,42 dollars. Est-ce le signe d’un regain de confiance des investisseurs ou un simple rebond technique purement spéculatif? Chez le courtier Berenberg, l’opinion est que Boeing est comparable à une entreprise à caractère systémique pour l’industrie.

«Trop gros pour faille faillite», estiment les analystes du courtier américain. Qui soulignent que le modèle 737 MAX est le plus important programme de Boeing à l’heure actuelle, pesant pour 33% des revenus, contribuant pour plus de 50% des bénéfices et accumulant un carnet d’ordres non remplis de plus 4600 appareils. Pour Berenberg, cité par Bloomberg, il serait tout simplement «irréaliste» pour le marché de liquider les positions sur Boeing, dont les avions actuellement cloués au sol devraient redevenir opérationnels d’ici le troisième trimestre.

Pour les analystes de Vertical Research Partner, les appareils devraient rester immobilisés pendant encore deux mois. Ceux-ci soulignent toutefois qu’il s’agit d’une estimation optimiste, dès lors que la Federal Aviation Association (FAA), en charge de la régulation du transport aérien aux États-Unis, voit ses procédures d’approbation être remises en cause.

En effet, Boeing aurait remis à la FAA des correctifs du logiciel gérant le système de prévention du décrochage de l’appareil, mais le régulateur, soumis à de fortes pressions légales et politiques, pourrait estimer ces correctifs insuffisants. Ce qui aurait pour effet de prolonger l’immobilisation des appareils, au moment où des compagnies aériennes annulent leurs commandes du MAX jet. C’est le cas, entre autres, de Garuda Indonesia, qui avait signé des commandes de 4,8 milliards de dollars.

Le titre Airbus progresse très discrètement

Pendant ce temps, l’action Airbus, en hausse de 40% depuis le début de l’année, s’est appréciée de 10% environ depuis le crash subi par son rival américain. Mais pas question pour la compagnie aérienne européenne de capitaliser sur une telle tragédie, impliquant la sécurité des passagers. Tom Enders, son CEO, a déclaré la semaine dernière, lors de la signature à l’Élysée d’un contrat de commandes d’Airbus par la Chine d’un montant de 35 milliards de dollars, que «la sécurité n’est pas un élément de la compétition».

En attendant, c’est vers le groupe européen que se tournent les compagnies aériennes pour renforcer leur flotte. C’est qu’a fait le vietnamien Bamboo en optant récemment pour des Airbus, un mois après avoir considéré le 737 MAX de Boeing. Aux États-Unis, American Airlines (AA), United Airlines (UA) et Southwest Airlines (SwA) figurent parmi les principaux clients de Boeing.

AA détient actuellement 24 Boeing 737 MAX sur une flotte de 1000 appareils, UA 14 appareils et SwA possède 34 Boeing 737 MAX de génération antérieure. «Il y a des chances substantielles que certaines de ces compagnies aériennes décident d’annuler des commandes», prévient Andrew Gollan, analyste chez Berenberg.






 
 

AGEFI



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