Voir, ne pas voir. Croire, ne pas croire

samedi, 20.06.2020

Pécub

La réalité que l’on voit est la vérité que l’on nous donne à voir. Entre l’image perçue, l’image transmise et l’image reçue il y a le mouvement biomécanique de l’information. Le mouvement biomécanique de l’informations découvre, compare et transforme en temps continu les images de départ. Les images de départ des étoiles que l’on voit dans le ciel, elles ont disparu il y a déjà bien des années-lumière. A l’arrivée les images perçues ne sont, délai de transfert oblige, pas la réalité. D’où la nécessité de prévoir. Voir avant. Les consommateurs d’information s’en fichent de la vérité, ce qui compte à leurs yeux c’est ce qu’ils croient, qu’ils veulent croire. L’anticipation est l’avenir de l’information. Cruelle réalité, nous sommes en retard.

L’exercice n’est pas de prévoir l’avenir, vaseuse futurologie, mais plutôt d’extrapoler, d’imaginer, de rêver avec émerveillement, à partir de ce que l’on croit savoir, croit avoir constaté, croit avoir vécu. Recoupement des visions, cohérence de l’environnement extérieur avec l’univers intérieur, intellectuel, émotionnel, rationnel, irrationnel, sensoriel, inconnu. Comprendre pour mieux prévoir, c’est raccourcir le temps de la croyance et y substituer la raison avant son heure. Edgar Morin, cent ans en 2021. Si l’exercice est d’être clairvoyant, de voir clair dans l’obscurité, de voir au-delà des apparences, des vérités commerciales, des messages publicitaires, la réalité serait-elle une possible vérité ? Un datacenter rempli de faits avérés, de connaissances des phénomènes documentés, d’analyses d’experts agréés, et le spectacle trouve son public. Tous les scénarios sont pensés, élaborés, envisagés. Libres de voir ou de ne pas voir. Libres de croire ou de ne pas croire. L’illusion du pouvoir.

La raison n’est-elle qu’une illusion ? Diseuse de bonne-aventure ou discours académique ? Choisir ce qui est vraisemblable, plutôt croyable, délicieusement incroyable, ou simplement favorable ? Au moment de prendre une décision, combien de temps pour analyser et réfléchir ? On y va d’instinct, avec l’intelligence des tripes, l’adrénaline de l’intuition, l’âge de l’expérience, la vanité de fonction ? Comment identifier et mesurer l’impact de la prise de décision ? Et de quelle décision ?

Savoir, ne pas savoir. Apprendre, ne pas apprendre. Ecouter, ne pas écouter. Lire, ne pas lire. Ecrire, ne pas écrire. Être, ne pas être. Edgar Morin a lu Shakespeare.






 
 

AGEFI



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