Vers une nouvelle OMC: ensemble pour des solutions globales

mardi, 08.09.2020

Mohammad Maziad Al-Tuwaijri *

Mohammad Maziad Al-Tuwaijri

Tribune de M. Mohammad Maziad Al-Tuwaijri, candidat de l’Arabie saoudite au poste de directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC)

De nombreux problèmes mondiaux trouvent leur origine dans les perturbations dues au COVID-19 et exigent des solutions globales prises au niveau mondial. Le défi est crucial pour l’OMC, son rôle de garant du commerce mondial et de forum de la négociation commerciale sera d’autant plus vital que nous nous remettons de la crise économique causée par la pandémie.

Le successeur de Roberto Azevêdo, devra replacer l’OMC au centre du processus décisionnel et préserver ce symbole du multilatéralisme. Pour y parvenir, l’OMC doit être remanié, piloté par un dirigeant compétent, expérimenté et engagé.

De ce constat découle un impératif: avoir un directeur général impartial qui puisse mettre en œuvre la vision des membres et rétablir la confiance envers l’OMC. Le candidat idéal devra être doté d’une expérience de la gestion gouvernementale et d’une culture de la performance du secteur privé. La priorité pour redynamiser l’OMC est d’avoir un dirigeant avec une expérience de gestion et un dynamisme opérationnel essentiel pour insuffler une nouvelle énergie. L’Organisation a besoin d’un nouveau départ pour pouvoir représenter tous les pays et faire en sorte qu’un système commercial multilatéral, équitable, juste et efficace soit respecté par tous. La nouvelle direction devra maintenir le cap et placer les efforts de relance au cœur de ses priorités, tout en s’engageant à écouter la voix de chaque membre, conformément aux principes de l’OMC.

Il est également nécessaire de créer un système de gestion et d’évaluation pour que les membres puissent suivre les progrès de l’OMC qui a besoin d’un esprit axé sur les résultats, privilégiant des solutions pragmatiques et efficaces. En tant que directeur général, je conduirais une approche orientée sur la résolution des problèmes et la mesure de la performance, selon des critères définis au sein des accords de l’OMC et des objectifs spécifiques fixés par les membres. Les réunions ministérielles de l’OMC devraient se tenir chaque année – et non tous les deux ans – pour renforcer les relations entre les ministres, et améliorer la gestion de l’OMC.

Le rétablissement d’un dialogue productif et efficace entre les membres sera capital pour éviter une nouvelle accumulation de litiges. Si des problèmes de procédure ne peuvent être résolus dans ce cadre, les règles existantes doivent être renégociées. L’OMC ne peut pas fonctionner sans transparence, contrôle et correction.

Enfin, le prochain directeur général doit contribuer à relever les défis transnationaux. Face à la tentation du repli sur soi, l’OMC doit garantir aux membres qu’ils sont plus forts ensembles. L’engagement mutuel à l’égard des règles de l’OMC préservera la résilience économique et assurera une croissance durable.

Seul un mécanisme commercial multilatéral sera en mesure de répondre aux phénomènes mondiaux les plus menaçants.

Je suis convaincu que la transparence, la confiance, l’ouverture et l’intégration sont des valeurs primordiales pour réformer l’OMC et la façonner pour les 25 prochaines années. Il est temps de faire preuve de volonté politique pour renouveler et renforcer les instruments du multilatéralisme sous une direction expérimentée et pragmatique.

* Candidat de l’Arabie saoudite au poste de directeur général de l’OMC






 
 

AGEFI



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