Une vague d’introductions en Bourse au Kazakhstan

dimanche, 06.10.2019

Jean-Paul Periat*

Jean-Paul Periat.

Fort d’une économie dynamique et plus diversifiée, d’une croissance de 4,3% du PIB sur les 8 derniers mois, le Kazakhstan, souvent qualifié de «locomotive de l’Asie centrale», annonce une nouvelle vague de privatisations qui devrait inclure des entreprises stratégiques du pays.
Ce plan d’introductions en Bourse, initié en 2016 devrait être achevé en 2020. Il concerne quelques 170 entreprises kazakhes dont 29 grandes entreprises. Le but de ces privatisations est de réduire la part de l’Etat Kazakh dans l’économie du pays, de stimuler cette dernière et d’encourager les investissements étrangers au Kazakhstan.
Les entreprises qui feront l’objet d’une IPO à partir de cet automne, sont détenues par le fonds souverain du Kazakhstan, Samrouk-Kazyna dont les actifs sont de l’ordre de 67 milliards de dollars. Il s’agit notamment de Kazakhstan Temir Zholy, Kazpost, KazMunayGas, ou encore Air Astana. A l’heure actuelle, l’ensemble des entreprises détenues par l’Etat représentent quelque 60% du PIB du pays et l’un des buts des efforts de privatisation actuels est de ramener cette part à 15%.   
Au cours des 20 dernières années, le Kazakhstan a privatisé de nombreuses d’entreprises clés  dans les secteurs de l’énergie, des transports et des communications. De janvier 2016 à mars 2019, conformément au plan de privatisation, 464 entités ont été cédées pour un montant global de 284 milliards de tengués (KZT), soit environ 735 millions de dollars.
L’introduction en bourse la plus emblématique a été celle de Kazatomprom, le leader mondial de la production d’uranium. Effectuée en novembre 2018 et souscrite 1,7 fois, cette émission de 15% des actions de l’entreprise a permis de lever 451 millions de dollars, valorisant le total des ­actions de KazAtomProm à quelque 3 milliards de dollars. Ces titres ont été acquis par 49 investisseurs étrangers, 17 entreprises locales et 2700 citoyens kazakhs.
Les objectifs du fonds souverain sont clairs: ces privatisations permettront d’injecter de nouvelles liquidités afin de favoriser les transferts de capitaux et de technologies au sein des entreprises, d’en améliorer la gouvernance et la transparence, ainsi que de favoriser le développement et le rôle de la nouvelle bourse internationale du Kazakhstan (AIX), ouverte en novembre 2018.
De nombreuses offres publiques d’achat sont programmées fin 2019 et courant 2020. Deux fleurons de l’économie Kazakh  devraient être proposés cet automne: Air Astana, la compagnie aérienne officielle du Kazakhstan et Kazakhtelecom, la plus grande entreprise de télécommunication du pays.  
En 2020, Kazakhstan Temir Zholy (entreprise ferroviaire nationale), KazMunayGas (compagnie nationale de gaz et de pétrole), KazPost (la poste Kazakh)  et Samruk Energy (producteur d’électricité), ainsi que Tau-Ken Samruk, (société minière productrice de zinc, cuivre, or et argent notamment) seront partiellement privatisées via AIX et le London Stock Exchange.
Afin d’attirer des investisseurs de qualité, la dette de ces entreprises a été restructurée, la gouvernance améliorée et les équipes dirigeantes renouvelées. Créer un environnement favorable est clé pour que les meilleurs investisseurs de ces différents secteurs puissent participer au développement de ces entreprises et apporter par la même occasion les faire bénéficier de leur expertise.
Cette prochaine vague de privatisations offrira à l’investisseur une opportunité unique de participer au développement et à la croissance d’un pays dont la superficie est équivalente à celle de l’Union européenne et qui dispose de réserves de matières premières parmi les plus importantes du monde.
Par ailleurs, selon le dernier rapport de la Banque Mondiale, «Doing Business in Kazakhstan 2019», publié en juin dernier, la rapidité de mise en place des réformes a entraîné une amélioration du climat d’affaires, la réduction des barrières administratives et des coûts.
C’est ainsi que le Kazakhstan est parvenu à se classer 28e rang sur 189 dans le rapport 2019 Doing Business.

* President and chariman, Herculis Partners






 
 

AGEFI




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