Une cyberattaque sans précédent

samedi, 13.05.2017

Une vague de cyberattaques sans précédent a frappé une centaine de pays, affectant le fonctionnement de nombreuses entreprises et organisations, dont les hôpitaux britanniques, le constructeur français Renault et le système bancaire russe.

Le logiciel de rançon exploite une faille dans les systèmes Windows.

De la Russie à l'Espagne et du Mexique au Vietnam, des dizaines de milliers d'ordinateurs, surtout en Europe, ont été infectés vendredi par un logiciel de rançon exploitant une faille dans les systèmes Windows, divulguée dans des documents piratés de l'agence de sécurité américaine NSA.

Les experts restaient prudents samedi après-midi sur l'expansion du virus. On ne sait pas encore si on est sur une pente ascendante ou descendante. On est toujours en phase d'analyse.

Le service public de santé britannique (NHS, 1,7 million de salariés) semble avoir été l'une des principales victimes, et potentiellement la plus inquiétante en mettant en danger des patients.

Mais il est loin d'être le seul. Le constructeur automobile français Renault a indiqué samedi avoir été affecté et des sites de production étaient à l'arrêt en France mais aussi en Slovénie, dans sa filiale Revoz. L'usine de Dacia Renault en Roumanie a également été affectée, tout comme l'usine britannique de Sunderland du constructeur japonais Nissan, partenaire de Renault.

La Banque centrale russe a annoncé que le système bancaire du pays avait été visé par la cyberattaque, ainsi que plusieurs ministères, et que les pirates avaient tenté de forcer les installations informatiques du réseau ferroviaire.

Le géant américain de livraison de colis FedEx ou encore la compagnie de télécoms espagnole Telefonica, où les employés ont été appelés par mégaphone d'éteindre leurs ordinateurs en catastrophe, ont également été affectés.

L'attaque est "d'un niveau sans précédent" et "exigera une enquête internationale complexe pour identifier les coupables", a indiqué l'Office européen des polices Europol.

Le logiciel malveillant verrouille les fichiers des utilisateurs et les force à payer une somme d'argent sous forme de monnaie virtuelle bitcoin pour en recouvrer l'usage: on l'appelle le "rançongiciel".

Les captures d'écran d'ordinateurs infectés du NHS britanniques montrent ainsi que les pirates demandent un paiement de 300 dollars en bitcoins. Le paiement doit intervenir dans les trois jours, ou le prix double, et si l'argent n'est pas versé dans les sept jours les fichiers piratés seront effacés.

Les autorités américaines, britanniques et françaises ont conseillé aux particuliers, entreprises et organisations touchés de ne pas payer les pirates informatiques.
Les ministres des Finances du G7, réunis samedi à Bari (sud-est de l'Italie), ont érigé la lutte contre le piratage informatique au rang de priorité.

Le NHS britannique tentait samedi de rassurer ses patients, alors que, soumis à une cure d'austérité, il est déjà au bord de la rupture. "Environ 45 établissements" ont été touchés, a indiqué samedi la ministre britannique de l'Intérieur Amber Rudd sur la BBC. Plusieurs d'entre eux ont été obligés d'annuler ou de reporter des interventions médicales.
Mme Rudd a ajouté que les autorités continuaient à tenter d'identifier les auteurs de l'attaque avant de présider une réunion interministérielle de crise.


 

 
 

 
 

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